À Bécon-les-Granits, les maires ruraux alerteront sur l’avenir des communes

03/06/2026
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Photo Ilustration. Paysage du Maine-et-Loire

À l’occasion de leur assemblée générale annuelle, organisée le vendredi 5 juin à Bécon-les-Granits, les maires ruraux de Maine-et-Loire entendent porter plusieurs messages forts sur l’avenir des territoires ruraux. Réunis autour de leur président, Gilles Talluau, maire de Varennes-sur-Loire, les élus évoqueront notamment l’accompagnement des communes, les financements de l’État et les conséquences de la baisse démographique sur les écoles.

« Villages d’Avenir », un dispositif jugé essentiel

Parmi les sujets au cœur des débats figure le programme « Villages d’Avenir », lancé par l’État pour accompagner les petites communes dans leurs projets de développement.

Pour l’Association des maires ruraux de Maine-et-Loire (AMR 49), cet accompagnement répond à un besoin concret. Les communes rurales disposent souvent de moyens humains limités et peinent à mobiliser seules l’ingénierie nécessaire pour mener à bien leurs projets.

Les chefs de projet dédiés au dispositif sont ainsi perçus comme des interlocuteurs privilégiés capables d’aider les élus à structurer leurs démarches et à identifier les financements disponibles.

Les maires soulignent également l’intérêt de disposer d’un interlocuteur unique face à la multiplication des procédures administratives. Ils appellent toutefois à inscrire le dispositif dans la durée, estimant que les projets de revitalisation nécessitent plusieurs années avant de se concrétiser pleinement.

Au-delà de l’accompagnement technique, les élus considèrent « Villages d’Avenir » comme un levier pour renforcer l’attractivité des territoires, qu’il s’agisse de maintenir des services de proximité, de soutenir le commerce local, de développer l’offre de logement ou d’accompagner la transition écologique.

Des financements indispensables aux investissements locaux

Autre préoccupation majeure : les aides financières de l’État destinées aux collectivités, notamment la Dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR), la Dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) et le Fonds Vert.

Selon l’AMR 49, ces dispositifs constituent souvent les seules solutions permettant aux petites communes de lancer des projets structurants. Sans ces soutiens, de nombreux investissements seraient retardés, voire abandonnés.

Les élus rappellent que les opérations financées bénéficient directement aux habitants tout en soutenant l’activité des entreprises locales. Ils demandent également davantage de visibilité sur les enveloppes futures afin de pouvoir programmer les investissements sur plusieurs années.

Dans un contexte de transition écologique, les communes rurales se disent pleinement engagées dans la rénovation énergétique des bâtiments publics, la réduction des consommations et la préservation des ressources naturelles. Des objectifs qui, selon elles, nécessitent un accompagnement financier pérenne.

L’école, un enjeu majeur pour l’attractivité des villages

La question démographique devrait également occuper une place importante lors de l’assemblée générale. Les maires ruraux s’inquiètent des conséquences de la baisse des effectifs scolaires annoncée dans le département.

Selon les projections évoquées par l’association, le Maine-et-Loire pourrait perdre près de 10 000 élèves d’ici 2035. Une évolution qui pourrait entraîner de nouvelles fermetures de classes, voire d’établissements.

Pour les élus ruraux, l’école demeure un service public essentiel et un facteur déterminant pour l’installation de nouvelles familles. Ils estiment que les décisions relatives à la carte scolaire ne doivent pas reposer uniquement sur des critères comptables mais prendre en compte les enjeux d’aménagement du territoire.

L’association souhaite également que les communes soient associées à la réflexion sur le devenir des bâtiments scolaires susceptibles d’être moins utilisés à l’avenir. Une anticipation jugée nécessaire pour imaginer de nouveaux usages de ces équipements publics.

Préparer l’école de demain

Enfin, les maires ruraux entendent ouvrir le débat sur les transformations à venir du système éducatif. L’essor de l’intelligence artificielle et des outils numériques devrait, selon eux, modifier en profondeur les méthodes d’enseignement dans les prochaines années.

Pour Gilles Talluau et les élus de l’AMR 49, les territoires ruraux doivent être pleinement intégrés à cette réflexion afin d’éviter l’apparition de nouvelles inégalités entre villes et campagnes.

À travers ces différents sujets, l’association souhaite rappeler le rôle central des communes rurales dans l’équilibre du territoire et plaide pour des moyens adaptés afin de maintenir les services de proximité et préparer les évolutions à venir.

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