
Dès 6 h 30 ce mardi matin, les abords de la Clinique de l’Anjou, à Angers, ont été marqués par un mouvement de grève d’ampleur. À l’appel du syndicat Force ouvrière (FO), de nombreux salariés ont cessé le travail pour réclamer une revalorisation de leur rémunération, dans un contexte de hausse persistante du coût de la vie.
Selon le syndicat, 370 salariés ont signé une pétition soutenant les revendications. Les grévistes demandent une augmentation mensuelle de 100 euros pour l’ensemble du personnel ainsi que la mise en place d’un treizième mois.
« Les salariés n’en peuvent plus de voir leur pouvoir d’achat se dégrader. L’inflation est à 2,41 %, le SMIC augmente mécaniquement, le carburant dépasse les 2 euros le litre et les factures d’énergie continuent de peser lourdement sur les budgets des familles », explique FO. Le syndicat estime que les personnels, fortement mobilisés depuis plusieurs années dans un secteur de la santé sous tension, attendent désormais une reconnaissance salariale concrète.
Une activité fortement perturbée
Les conséquences du mouvement social se sont rapidement fait sentir dans l’établissement privé angevin. Dans un communiqué, la direction indique avoir décidé de suspendre l’intégralité de l’activité programmée pour la journée.
« Par mesure de précaution et afin de garantir la sécurité des patients, la direction a pris la décision de suspendre l’ensemble des actes chirurgicaux et des hospitalisations conventionnelles programmés », précise-t-elle.
Seuls les services des urgences et de la maternité continuent de fonctionner normalement. Toutes les opérations et hospitalisations prévues ont été reportées.
Cette situation constitue un nouveau signal de tension dans le secteur de la santé privée en Maine-et-Loire. Après le mouvement observé récemment à la clinique Saint-Joseph, les revendications salariales gagnent désormais la Clinique de l’Anjou.
La direction invoque un équilibre financier fragile
Face aux demandes des salariés, la direction affirme comprendre les inquiétudes liées à la baisse du pouvoir d’achat.
« Nous comprenons que le pouvoir d’achat, avec l’augmentation de l’énergie ou encore du prix du carburant, est une réelle préoccupation », souligne-t-elle. « Nos professionnels s’engagent chaque jour avec dévouement au service des patients, dans un secteur de la santé soumis à de fortes tensions. »
L’établissement rappelle toutefois son statut particulier. « La Clinique de l’Anjou est un établissement privé indépendant à actionnariat congrégationniste et associatif. Notre équilibre financier repose exclusivement sur notre activité de soins, dans un environnement tarifaire contraint imposé par les autorités de tutelle avec des frais de fonctionnement en augmentation. »
La direction estime ainsi ne pas disposer des moyens nécessaires pour répondre aux revendications formulées sans mettre en danger l’avenir de la structure. « Nous ne disposons pas des marges financières suffisantes pour répondre favorablement aux demandes formulées, sans mettre en péril la pérennité même de l’établissement et les emplois de plus de 700 collaborateurs », affirme-t-elle.
Des négociations toujours en cours
Malgré le conflit, le dialogue entre les deux parties se poursuit. La direction indique que des négociations sont engagées depuis plusieurs semaines.
« Depuis le début, nous sommes pleinement engagés dans le dialogue social pour trouver des solutions adaptées et équitables », assure-t-elle.
Elle met en avant une proposition représentant une enveloppe annuelle de 500 000 euros consacrée à des augmentations salariales. Une offre qui aurait reçu l’approbation des syndicats CFDT et CFE-CGC. « Cette proposition vient s’ajouter au versement de la prime d’intéressement abondée d’un complément représentant 500 euros par salarié », précise encore la direction.
Pour l’heure, aucun accord n’a été trouvé avec FO. Le mouvement de grève pourrait se poursuivre si les négociations n’aboutissent pas à une avancée jugée suffisante par les salariés mobilisés. Dans l’attente, ce sont plusieurs dizaines d’interventions chirurgicales et d’hospitalisations qui devront être reprogrammées dans les prochains jours.