
À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde de football, la Ville d’Angers affine son dispositif de sécurité. Tirant les enseignements des débordements observés après la finale de la Ligue des champions remportée par le Paris Saint-Germain, la municipalité entend conjuguer prévention, encadrement des supporters et fermeté face aux éventuels troubles à l’ordre public.
« On progresse avec l’expérience », résume Anthony Lusson, adjoint à la Sécurité et à la Prévention. L’élu est revenu sur les incidents qui ont marqué le centre-ville angevin après le sacre parisien. Si plusieurs commerces, dont Foot Locker, une boutique Lacoste et une pharmacie de la rue Bressigny, ont été pris pour cible, il estime que la situation a été « mieux gérée en 2026 qu’en 2025 ».
L’an dernier, seuls trois policiers municipaux étaient mobilisés lors de cette soirée. Cette année, ils étaient douze. « Les effectifs étaient au rendez-vous et cela a permis d’être aux côtés de la police nationale sur des opérations de maintien de l’ordre », souligne-t-il.
Une Coupe du monde hors normes
Pour la Ville, l’événement qui débute cette semaine présente plusieurs particularités. D’abord parce qu’il s’agit du retour d’une Coupe du monde organisée en été, huit ans après celle disputée en Russie. Ensuite en raison de son format inédit : 48 nations engagées, 104 rencontres au programme et plus de la moitié des matches diffusés après minuit.
« Face à un dispositif un peu particulier avec une Coupe du monde qui va dans l’exceptionnel, nous mettons en place deux dispositifs », explique Anthony Lusson.
Le premier concerne les phases finales. Comme en 2018, une fan zone sera installée au parc Bellefontaine si l’équipe de France atteint le dernier carré. La structure pourra accueillir jusqu’à 6 000 spectateurs pour les demi-finales, la petite finale et la finale.
« L’objectif d’une fan zone, c’est de permettre à un public familial de regarder le match dans de bonnes conditions », insiste l’adjoint. « Le deuxième objectif, c’est de pouvoir gérer les flux après la rencontre. C’est plus facile d’accompagner 6 000 personnes qui partent d’un point fixe que de gérer des déplacements dispersés dans toute la ville. »
Des bars sous surveillance
Avant même les phases finales, la municipalité s’adresse aux restaurateurs et aux cafetiers. Un courrier doit être envoyé aux professionnels pour rappeler les règles encadrant les retransmissions sur terrasse.
La Ville autorise cette année l’installation d’écrans extérieurs pour les matches de l’équipe de France. Quinze établissements, principalement situés dans le centre-ville, ont déjà obtenu cette autorisation.
Mais la mairie se montre très claire sur les horaires. « La règle des deux heures du matin est intangible », martèle Anthony Lusson. « Il n’y aura aucune exception. »
Une mesure qui pourrait concerner plusieurs rencontres programmées tardivement en raison du décalage horaire avec les États-Unis, pays organisateur. Pour les matches débutant à 1 heure du matin, les établissements devront fermer à la mi-temps.
L’élu prévient : « Nous serons intransigeants sur le respect de la règle et sur les troubles à l’ordre public. » Les contrevenants s’exposent à des procès-verbaux, des amendes et même à des fermetures administratives.
Chantiers et mobilier urbain sous vigilance
La Ville entend également limiter les possibilités de dégradation. Plusieurs chantiers feront l’objet d’une attention particulière après le constat que certains équipements avaient servi de projectiles lors des incidents liés à la finale de la Ligue des champions.
« Le chantier de l’ancienne Grande Poste a servi de base arrière à certains individus », relève Anthony Lusson. « Il y a des règles qu’on va rappeler de manière extrêmement claire sur la clôture des sites et le rangement du matériel. »
La municipalité passera également en revue les barrières de chantier et autres équipements susceptibles d’être détournés. Les tournées de collecte des déchets et la gestion des conteneurs enterrés pourront aussi être adaptées les soirs de match.
Jusqu’à 15 policiers municipaux mobilisés la nuit
Du côté des effectifs, la police municipale dispose aujourd’hui de 75 agents, dont 15 affectés aux équipes de nuit. « On pourra augmenter si les conditions le nécessitent », précise Mathieu Berthelot, directeur de la police municipale.
Anthony Lusson rappelle toutefois que « le maintien de l’ordre est une compétence de la police nationale », même si les deux forces travaillent en coordination.
Parallèlement, le maire d’Angers, Christophe Béchu, doit évoquer la question de la sécurité avec le préfet lors d’une réunion prévue cette semaine.
Faire la fête, mais sans débordements
Malgré les mesures annoncées, la municipalité insiste sur sa volonté de préserver l’esprit festif de la compétition.
« Quand bien même ce point presse est placé sous l’angle de la sécurité, on part du principe que la Coupe du monde est une fête, que le sport est une fête et que, par principe, cela se passe bien », conclut Anthony Lusson.
À Angers, le message est donc double : permettre aux supporters de célébrer les Bleus dans les meilleures conditions, tout en affichant une tolérance zéro face aux débordements.