Touchée par des mouvements de terrain liés au retrait des argiles, la commune de Camembert, dans l’Orne, vient d’être reconnue en état de catastrophe naturelle. Un phénomène amplifié par le changement climatique.
Des fissures inquiétantes dans un lieu emblématique
L’alerte a été donnée à la Maison du Camembert, site touristique phare de la commune. Une employée y a constaté plusieurs anomalies : « J’ai constaté des fissures sur le carrelage, un espace entre le sol et les plinthes et la porte intérieure avait du mal à s’ouvrir ». Rapidement, d’autres signes apparaissent, notamment des portes bloquées par un sol qui s’est déformé. Prévenu, le maire fait inspecter le bâtiment et confirme l’ampleur des dégâts.
Un phénomène soudain et surprenant
Après un examen des lieux, le constat est sans appel. « On a constaté que le sol avait bougé, que des fissures étaient apparues sur les murs », explique le maire Arnaud Dumain. Un choc pour la commune, d’autant que ce bâtiment, construit en 1992, n’avait jamais présenté de tels désordres auparavant. Malgré tout, le site a pu rouvrir au public, tandis que la municipalité engageait des démarches administratives.
Une commune entièrement exposée au risque
Ces dégradations sont liées au phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), accentué par les épisodes de sécheresse et de fortes pluies. À Camembert, la situation est particulièrement sensible : « 100 % de la commune est sur un terrain argileux », souligne le maire, ce qui signifie que toutes les habitations peuvent être concernées. Ce risque est désormais classé comme important, avec des conséquences directes sur les fondations et la solidité des bâtiments.
Un impact durable du changement climatique
Face à la multiplication de ces événements, la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle permet aux habitants d’engager des démarches auprès de leurs assurances. Mais pour le maire, la vigilance reste de mise : « C’est un phénomène qui peut revenir », prévient-il, évoquant des cycles climatiques de plus en plus extrêmes selon France 3 Régions. En Normandie, ces évolutions ne touchent plus seulement le littoral, mais fragilisent aussi durablement les terres à l’intérieur des terres.
