L’enquête sur la dégradation du char Valois, monument historique de la Seconde Guerre mondiale situé en forêt d’Écouves, a connu un dénouement rapide. Deux hommes âgés de 43 et 45 ans ont été interpellés et seront jugés le 25 juin 2026 devant le tribunal correctionnel d’Alençon après avoir reconnu les faits.
La science et la téléphonie au cœur de l’enquête
La découverte du blindé entièrement recouvert de peinture rose, le 25 mai 2026 au carrefour de la Croix de Médavy (commune du Bouillon), avait suscité une vive indignation. Les auteurs y avaient inscrit les mots « Peace » et « Love » ainsi que plusieurs symboles pacifistes. Face à l’émotion légitime des communes du Bouillon et d’Alençon, qui ont immédiatement déposé plainte, les militaires de la communauté de brigades de Sées ont mené des investigations minutieuses.
Sur les lieux du sinistre, les techniciens en identification criminelle ont mis la main sur des indices capitaux : une bombe de peinture, trois capuchons, des empreintes de pas ainsi que des prélèvements biologiques sur les boutons pressoirs des sprays. En remontant le fil des achats dans un commerce d’Alençon, les gendarmes ont identifié le premier suspect. D’après Ici Normandie, l’analyse de son téléphone portable a révélé l’existence d’un complice. L’expertise ADN a finalement confondu les deux quadragénaires, interpellés et placés en garde à vue le lundi 8 juin.
Un symbole de la Libération bafoué
Le char Valois n’est pas un simple tas de ferraille, mais un vestige majeur de la progression de la 2e Division Blindée (DB) du général Leclerc, qui a permis la libération d’Alençon en août 1944. C’est ce rappel mémoriel que la maire d’Alençon, Sophie Douvry, a tenu à souligner dès l’annonce des interpellations.
L’édile, qui s’était insurgée contre cet acte de vandalisme, a rappelé sur les réseaux sociaux le paradoxe des tagueurs : utiliser des slogans de paix sur un monument qui incarne précisément le sacrifice militaire ayant permis le retour de la liberté et de la paix en France. Tout en réclamant une sanction pédagogique, l’élue a émis le souhait que les deux prévenus soient condamnés à nettoyer eux-mêmes les dégradations et à suivre un rappel d’Histoire locale.
