Jean-Eudes Gannat, élu municipal issu de l’ultradroite identitaire, a été condamné jeudi à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel d’Angers pour provocation à la haine et injure publique.

En novembre 2025, il avait diffusé une vidéo dans laquelle il s’en prenait à cinq Afghans qualifiés de “cousins des talibans” et accusés de “traîner” devant un supermarché.
Ces cinq hommes, qui ont fui leur pays à cause des talibans et résident en France depuis cinq ans, où ils travaillent, avaient porté plainte après la diffusion de cette vidéo sur les réseaux sociaux.
“Apparenter des personnes d’origine afghane à des talibans, une organisation terroriste, constitue une expression outrageante”, a estimé le tribunal dans sa décision, jugeant que “ces propos s’analysent en une exhortation à la haine envers ces personnes”.
Jean-Eudes Gannat, élu en mars au conseil municipal de Segré-en-Anjou (Maine-et-Loire), est le co-fondateur du groupuscule d’ultradroite l’Alvarium, dissous en 2021 par le gouvernement car il alimentait “un discours de haine assumée” et incitait “à la discrimination ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine ou de leur religion”.
Peu après le rendu de la décision, M. Gannat a indiqué son intention de faire appel.
“On veut museler toute critique de l’immigration. La justice participe à l’invasion migratoire. Les juges veulent faire de moi un exemple. Cela ne m’empêchera pas de continuer”, a-t-il déclaré à l’AFP.
Lors de l’audience du 6 mai 2026, le ministère public avait requis une peine de quatre mois de prison avec sursis.
Le mis en cause devra verser pour chacun des cinq Afghans parties civiles 500 euros de dommages et intérêts pour le préjudice moral. M. Gannat devra également s’acquitter, au titre du préjudice moral, d’un euro pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et de 500 euros pour SOS Racisme.