En plein cœur des épreuves anticipées du baccalauréat, le corps enseignant et le personnel du lycée Nelson-Mandela de Poitiers ont entamé un mouvement de grève reconductible ce jeudi 11 juin 2026. Ils protestent contre de nouvelles restrictions budgétaires et suppressions de postes qui, selon eux, menacent la viabilité de la prochaine rentrée scolaire.
Un dialogue de sourds avec le rectorat
Cette mobilisation fait suite à l’échec d’une réunion de négociation survenue en début de semaine entre le rectorat et une délégation syndicale (SN-FO-LC et SNES-FSU). Face aux revendications du personnel, l’autorité académique est restée sur ses positions, affirmant que l’académie disposait d’une dotation suffisante, conformément aux directives ministérielles.
Une analyse contestée par les grévistes, qui dressent un bilan comptable alarmant de l’évolution de leur établissement. Dispersé sur deux sites distincts, le lycée a perdu au fil des dernières années treize postes et 233 heures d’enseignement à effectif d’élèves constant. Les nouvelles directives prévoient le retrait de 40 heures supplémentaires, la fermeture d’une classe de terminale et la suppression d’un poste et demi d’assistant d’éducation (AED), alors même que les prévisions tablent sur une hausse du nombre d’inscrits.
Des conditions d’apprentissage et de sécurité dégradées
Pour les enseignants, les conséquences de cette politique d’austérité sont concrètes : les classes de seconde et de première saturent déjà à des moyennes de 34 et 35 élèves, atteignant parfois des pointes à 36 lycéens. Le personnel qualifie la rentrée à venir d’« impossible » et s’inquiète de ne plus pouvoir préparer correctement les élèves aux examens dans de telles conditions de promiscuité pédagogique.
La grogne touche également la vie scolaire et les équipes d’encadrement, particulièrement sollicitées en raison des structures d’internat du lycée. Les assistants d’éducation et les conseillers principaux d’éducation (CPE) dénoncent une charge de travail qui les contraint à ne gérer que les urgences au détriment de l’écoute et de la prévention. Ce manque de personnel de surveillance s’est déjà traduit sur le terrain par la fermeture définitive du foyer des élèves sur l’un des deux sites de l’établissement.
D’après La Nouvelle République, le mouvement de contestation, qui n’a pas bloqué la tenue des épreuves de français grâce à la réquisition de personnels administratifs et de retraités, a été officiellement reconduit pour le vendredi 12 juin.
