Après une saison éprouvante et le départ de plusieurs cadres, notamment l’arrière Anna Ngo Ndjock, l’Union Féminine Angers Basket prépare son renouveau. Pour étoffer son collectif, le club angevin a jeté son dévolu sur une jeune joueuse prometteuse, tout juste débarquée des parquets universitaires du Colorado. Portrait d’une recrue réputée pour sa dureté et son impact aux rebonds, mais dont la palette de jeu est bien plus riche.
Le verdict de la saison 2025/2026 est tombé, laissant derrière lui un arrière-goût d’inachevé. Cette année, l’UFAB a dû se contenter d’une 12e place au classement de La Boulangère Wonderligue, synonyme de playdowns. Si les Angevines ont parfaitement négocié cette phase critique en terminant deuxièmes sur quatre assurant ainsi leur maintien dans l’élite, l’exercice reste un échec pour le club. Surtout après une saison 2024/2025 couronnée d’une brillante 7e place et d’une qualification historique en Eurocoupe via les playoffs.
Pour rebondir dès la rentrée prochaine, la direction a dû s’activer sur le marché des transferts afin de pallier les départs majeurs d’Anna Ngo Ndjock, d’Oumou Diarisso et de Marine Dursus. Parmi les nouveaux visages, un profil intrigue particulièrement : Anaëlle Dutat. Du haut de son mètre 83, l’ailière de 21 ans arrive tout droit de la prestigieuse ligue NCAA, où elle portait les couleurs des Buffaloes du Colorado.
Retour sur une discussion avec une joueuse ambitieuse qui compte bien franchir un cap sous les couleurs de l’UFAB.
Après plusieurs saisons aux États-Unis en NCAA (à Rhode Island puis chez les Buffaloes de Colorado), qu’est-ce qui a motivé votre décision de rentrer en France et de choisir le projet d’Angers ?
Anaëlle Dutat : J’ai toujours eu l’idée de rentrer en France. Puis l’UFAB a exprimé un intérêt pour moi. J’ai eu un appel avec la coach et l’assistant et ils disaient qu’ils aimaient bien mon style de jeu, qu’ils voyaient les points sur lesquels je pouvais travailler, qu’ils étaient prêts à me faire bosser dessus. Elle m’a décrit comment elle (Aurélie Bonnan) voulait jouer et j’ai trouvé que ça matchait bien avec ma façon de jouer.
Je connaissais un peu parce que quand j’étais à Mondeville au lycée, forcément on a joué à Angers. Et parmi les joueuses, je connais Rosanne (Le Seyec) parce qu’on a fait les équipes de France (U19) ensemble, mais à part ça, c’est tout.
Le basket féminin aux États-Unis, c’est différent de ce que vous aviez connu en France ?
C’est vachement différent. Déjà, la plus grosse différence, c’est le fait de pouvoir faire des études et aussi du basket à un très haut niveau. Après, les infrastructures qui sont mises à notre disposition, c’est complètement différent. Le rythme aussi : la saison est plus courte comparée à la saison en France, mais il y a plus de matchs dans la semaine. C’est une mentalité complètement différente de la France.
Je ne savais pas ce que c’était avant que j’y aille. J’aurais dit la mentalité française, mais en étant là-bas, en y ayant passé 4 ans, c’est un autre niveau, c’est plus compétitif. Là-bas, ils sont plus honnêtes et ils n’ont pas peur de ce qu’on pourrait appeler en France… Trop confiants ? Là-bas, tu ne peux pas être trop confiant. Il n’y a pas de honte à dire que tes objectifs sont élevés.
Comment cette expérience américaine vous a-t-elle permis de vous développer ?
Déjà, j’ai changé plus ou moins de poste. J’étais plus… 4 (ailier fort) en France. Après le lycée, c’est différent parce que tu joues pour un centre de formation.
Mais du coup, j’ai transitionné vers le poste 3, quelque chose qui allait me bloquer si j’étais restée en France, j’avais l’impression. J’ai bossé sur mon travail extérieur. La saison dernière, ce n’était pas ça, mais ma troisième saison, c’était mieux. je suis plus confortable maintenant.
Après, plus de prises d’écrans, parce que, à Mondeville, la particularité, c’est qu’on ne jouait pas avec des écrans sur ballon, on n’en posait pas et tout. Là-bas, je me suis retrouvée à poser les écrans, et les deux dernières saisons, à plus les prendre, etc.
Et puis, je dirais que j’ai plus bossé offensivement, parce que défensivement, j’étais déjà correcte en partant là-bas.
Le club met en avant votre puissance physique et votre impact dans la raquette lors de l’annonce de votre arrivée. Comment vous définiriez-vous en tant que joueuse sur le terrain ?
Moi, je suis une 3. Je joue 4 quand, par exemple, le coach veut faire un choix défensif, s’il veut une 4 plus agressive, plus mobile et tout, pour jouer plus petit. Et donc là, je joue 4, mais la plupart du temps, sur toute la saison dernière, j’ai dû jouer peut-être 15 minutes en 4.
Ensuite, ma première qualité est plutôt défensive : le rebond, finir proche du cercle. Mais c’est-à-dire encore que je ne suis pas intérieure. Je vais faire des post-ups sur des joueuses plus petites, mais je peux driver. Si j’ai des mismatches (grande différence de taille avec l’adversaire), je vais le faire, mais si c’est juste faire des post-ups sur des joueuses de ma taille, je ne vais pas post-up des joueuses de ma taille, quoi.
Là, je vais bosser tout cet été, comme ça, quand j’arriverai l’année prochaine, je vais tirer beaucoup mieux que la saison précédente. Et après, je dirais que je suis à l’aise, comme j’ai dit, défensivement pour faire des switchs, de 1 à 4, parce que le poste 5, après, ça commence à être compliqué.
Je ne veux pas faire de compromis. Ça veut dire que si je travaille plus sur l’aspect offensif, je ne vais pas du tout délaisser la défense, ce que j’ai déjà acquis.
Quels sont vos objectifs personnels et collectifs pour cette première saison sous les couleurs de l’UFAB ?
Revenir ici, toujours me développer, essayer de dominer le plus possible. Après, les objectifs personnels sont aussi liés au collectif dans un sens, parce que le but, c’est toujours de gagner. J’ai envie de gagner personnellement, mais surtout collectivement.
Donc, être la plus complète possible sur le terrain, c’est ça les objectifs. Gagner le plus possible, pour voir ensuite les portes que ça ouvre pour l’UFAB.
C’est vrai qu’avec la coach, quand on a parlé, j’avais des questions par rapport à leur style de jeu. Pas forcément les objectifs pour la saison prochaine. Je pense que c’est un truc qu’on va aborder quand on sera réunis en équipe.
Comment appréhendez-vous votre future vie à Angers ?
J’étais déjà venue parce que j’avais fait les détections au centre de formation. Ça fait que j’avais vu un peu la ville. J’avais bien aimé. Ce n’est pas une petite, c’est quand même une grosse ville, il y a des choses à faire. C’est une ville étudiante. Forcément, ce n’est pas passif ou quoi que ce soit comme ville. Franchement, j’ai hâte de voir, d’y aller, etc. et de vivre là-bas.
À plus long terme, quels sont vos rêves de carrière ?
Clairement, la WNBA. C’est clair que la WNBA, ce sera toujours un objectif.
Après, vu mon cas, comme je suis sortie des États-Unis et que je n’ai pas été draftée en sortant des États-Unis, ça se fera sûrement sous la forme d’un contrat de camp d’entraînement.
Aidan Bossard
