L’usine Bull d’Angers va jouer un rôle stratégique dans la fabrication des futurs supercalculateurs dédiés à l’intelligence artificielle. L’entreprise française a annoncé, ce mercredi 17 juin, un partenariat renforcé avec le géant taïwanais Foxconn pour produire en Europe une nouvelle génération de plateformes de calcul ultra-performantes développées avec NVIDIA, leader mondial des processeurs pour l’IA.

Concrètement, les premiers composants seront fabriqués dans les usines Foxconn en République tchèque avant d’être assemblés, intégrés et testés à Angers. Une activité qui confirme le positionnement du site angevin comme un maillon essentiel de la filière européenne de l’intelligence artificielle.
Des « usines à IA » en préparation
Derrière ce projet aux termes parfois techniques se cache un enjeu majeur : fournir la puissance de calcul nécessaire au développement des intelligences artificielles de demain.
La plateforme baptisée « NVIDIA Vera Rubin NVL72 » est conçue pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’IA les plus avancés. Ces équipements équiperont notamment les futurs centres de données spécialisés, parfois appelés « AI Factories » ou « usines à IA », capables de traiter des volumes considérables d’informations.
À l’image des centres de production industriels, ces infrastructures produisent aujourd’hui des services d’intelligence artificielle destinés aux entreprises, aux administrations ou encore aux fournisseurs de cloud.
Une fabrication européenne
Pour Bull et Foxconn, l’objectif est aussi de renforcer la souveraineté technologique européenne. Jusqu’à présent, une grande partie des équipements stratégiques pour l’IA était conçue ou assemblée hors du continent.
Le partenariat vise à construire une chaîne de production européenne, depuis la fabrication des composants jusqu’à leur intégration finale. Une démarche qui doit permettre de réduire les délais de livraison tout en sécurisant les approvisionnements.
« Le partenariat entre Bull et Foxconn marque un tournant pour renforcer les capacités de production d’infrastructures d’IA en Europe », souligne Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull.
Angers, maillon clé du projet
Pour le site angevin, cette annonce représente une nouvelle reconnaissance de son savoir-faire historique dans le calcul haute performance. Les systèmes y seront assemblés et soumis à des procédures de validation avant leur mise sur le marché sous la marque Bull.
Au-delà du matériel, l’entreprise fournira également les logiciels permettant de piloter ces infrastructures et d’exploiter les données générées par les outils d’intelligence artificielle.
Selon les partenaires, cette organisation doit permettre aux entreprises européennes de disposer de solutions « made in Europe » couvrant l’ensemble de la chaîne, de la fabrication des serveurs jusqu’à leur exploitation.
Un marché en pleine accélération
Cette nouvelle étape intervient alors que la course mondiale à l’intelligence artificielle s’intensifie. Les besoins en puissance informatique explosent avec le développement des assistants conversationnels, de l’IA générative et des systèmes capables d’agir de manière autonome.
Pour NVIDIA, Bull et Foxconn, l’Europe dispose désormais d’une opportunité pour développer ses propres infrastructures et réduire sa dépendance aux acteurs étrangers. Une ambition dans laquelle Angers pourrait bien devenir l’un des centres névralgiques de la production européenne dédiée à l’intelligence artificielle.