Une innovation technologique validée aux États-Unis pourrait bientôt contribuer à transformer le dépistage des maladies du foie. Derrière cette avancée portée par la société française E-Scopics, le CHU d’Angers et l’un de ses spécialistes de référence figurent parmi les acteurs qui accompagnent le développement de ces nouveaux outils de diagnostic.

L’entreprise basée à Aix-en-Provence a annoncé avoir obtenu l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité sanitaire américaine, pour une nouvelle fonctionnalité de son système d’échographie hépatique portable, baptisée « HDFF ». Derrière cet acronyme se cache une promesse simple : mesurer la quantité de graisse présente dans le foie sans avoir recours à un examen lourd ou coûteux.
Une maladie silencieuse en forte progression
La stéatose hépatique, parfois appelée « maladie du foie gras », touche aujourd’hui près d’un adulte sur trois dans le monde. Souvent liée à l’obésité, au diabète de type 2 ou à d’autres troubles métaboliques, elle peut évoluer vers des formes plus graves comme la fibrose, la cirrhose ou encore le cancer du foie.
Jusqu’à présent, l’évaluation précise de la quantité de graisse dans le foie reposait principalement sur l’IRM, un examen performant mais onéreux et parfois difficile d’accès en raison des délais d’attente.
L’innovation développée par E-Scopics vise à rendre cette évaluation beaucoup plus simple. Grâce à une échographie réalisée directement lors de la consultation, le médecin peut obtenir une estimation quantitative de la graisse hépatique en quelques minutes.
Une expertise angevine reconnue
Parmi les spécialistes associés à cette évolution figure le professeur Jérôme Boursier, chef du service d’hépatogastro-entérologie et d’oncologie digestive du CHU d’Angers.
Dans le communiqué publié par l’entreprise, le médecin angevin souligne l’intérêt de disposer d’outils « non invasifs, fiables et spécifiques » dans les soins de routine. Selon lui, la présence de graisse dans le foie doit être considérée comme un signal d’alerte, notamment chez les personnes souffrant de diabète, d’obésité ou présentant des facteurs de risque cardiovasculaire.
Une fois cette graisse détectée, les praticiens peuvent alors approfondir l’évaluation afin de mesurer d’éventuelles lésions du foie et adapter la prise en charge du patient.
Un examen réalisable au cabinet médical
L’un des principaux atouts de cette technologie réside dans sa simplicité d’utilisation. Contrairement à l’IRM, qui nécessite un rendez-vous dans un centre spécialisé, l’examen peut être réalisé directement au cabinet médical ou à l’hôpital lors d’une consultation.
Pour les professionnels de santé, cela représente un gain de temps important. Pour les patients, cela pourrait favoriser un dépistage plus précoce et un meilleur suivi de l’évolution de la maladie.
Cette évolution intervient alors que de nouveaux traitements destinés aux formes avancées de la maladie du foie arrivent progressivement sur le marché. Les médecins ont donc besoin d’outils capables d’identifier les patients concernés et d’évaluer l’efficacité des traitements au fil du temps.
Vers une démocratisation du dépistage
Selon E-Scopics, l’objectif est de rendre les évaluations du foie plus accessibles et moins coûteuses. En intégrant des mesures précises directement dans un examen échographique de routine, l’entreprise espère permettre à davantage de médecins généralistes, endocrinologues ou spécialistes de l’obésité de participer au dépistage des maladies hépatiques.