Après plusieurs jours de tensions autour du fonctionnement de la nouvelle blanchisserie interhospitalière de Sainte-Gemmes-sur-Loire, la direction du Groupement de coopération sanitaire (GCS) GIBA apporte sa version des faits. Dans un communiqué diffusé ce jeudi 18 juin, elle répond point par point aux alertes lancées par les syndicats SUD et CGT concernant le traitement du linge hospitalier ainsi que les conditions de travail et de sécurité des agents.

Un retard de linge en cours de résorption
La semaine dernière, le syndicat Sud Santé avait déposé un droit d’alerte concernant les difficultés de traitement du linge hospitalier du CHU d’Angers. Selon la direction du GIBA, sur les 20 tonnes de linge en attente recensées, 8 tonnes ont déjà été traitées.
Pour faire face à la situation, des renforts temporaires ont été mobilisés. Dix-neuf personnes supplémentaires sont intervenues la semaine dernière et une douzaine restent mobilisées cette semaine ainsi que la suivante. Ces équipes sont principalement affectées au traitement des tenues professionnelles du CHU, dont le circuit de lavage et de conditionnement est plus complexe.
La direction souligne également avoir bénéficié du soutien ponctuel des blanchisseries hospitalières de Cholet et de Saumur pour absorber une partie de l’activité.
Concernant les craintes de pénurie évoquées dans certains services, le GCS assure que les dotations en linge sont revenues à la normale depuis la semaine dernière, y compris à la maternité du CHU. « L’accueil des patients est réalisé dans des conditions de confort et d’hygiène conformes », affirme la direction.
Une transition délicate entre deux outils de production
Le GIBA explique que les difficultés actuelles trouvent en partie leur origine dans l’ancienne blanchisserie du CHU d’Angers, mise en service en 1990 et arrêtée le 29 mai dernier. Confronté à de nombreuses pannes ces derniers mois, l’équipement aurait accumulé progressivement du retard dans le traitement du linge avant la bascule vers la nouvelle structure.
La mise en route de la nouvelle blanchisserie, entrée en service le 1er juin, a constitué selon la direction une période de transition génératrice de tensions, mais présentée comme temporaire.
Bruit, chaleur : des problèmes reconnus mais des solutions annoncées
Sur les conditions de travail, sujet au cœur des critiques syndicales, la direction défend un équipement conçu pour réduire la pénibilité grâce à l’automatisation de nombreuses tâches et à un travail préalable sur l’ergonomie des postes.
Elle rappelle également que les agents changent de poste toutes les deux heures afin de limiter les risques de troubles musculo-squelettiques.
Concernant les nuisances sonores, des mesures réglementaires doivent être réalisées prochainement. Si les seuils autorisés étaient dépassés à l’intérieur du bâtiment, des dispositifs d’absorption acoustique seraient installés. Dans l’attente, les salariés disposent de bouchons d’oreille et peuvent bénéficier de casques antibruit.
La question de la chaleur à l’intérieur du bâtiment est en revanche partiellement reconnue. La direction confirme que plusieurs réserves ont été émises lors de la réception de l’ouvrage. Les volets roulants prévus n’ont pas encore été installés en raison de difficultés d’approvisionnement. Leur absence affecterait particulièrement un secteur du bâtiment en fin de journée.
Par ailleurs, des ajustements sont attendus sur le système de refroidissement, notamment sur le positionnement de certaines bouches de ventilation. Le dispositif est censé maintenir une température intérieure inférieure d’environ six degrés à celle de l’extérieur.
Face à l’épisode caniculaire en cours, le GIBA indique avoir mis en place plusieurs mesures : adaptation des horaires de travail, possibilité de prise de poste anticipée et mise à disposition d’eau fraîche à proximité des postes.
La direction conteste les critiques sur la sécurité
Autre point de désaccord avec les syndicats : la sécurité du site. Dans son communiqué, la direction estime que plusieurs affirmations relayées ces derniers jours sont « inexactes ».
Elle affirme que le bâtiment respecte l’ensemble des normes de sécurité incendie et de sûreté, avec validation par un contrôleur technique. Une analyse des risques professionnels aurait également été menée avant l’ouverture de la blanchisserie avec les services compétents du CHU et du Cesame.
La direction précise en outre que, même si une visite de conformité du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) n’est pas obligatoire pour ce type d’installation, des échanges et visites du site ont déjà eu lieu avec les sapeurs-pompiers.
Concernant les trousses de secours, il a été constaté la présence d’un lot de compresses périmées depuis le 1er juin ainsi que la disparition d’une seconde trousse, qui doit être remplacée.
Un dialogue social qui se poursuit
Alors que les syndicats continuent d’alerter sur les conditions de travail dans ce nouvel équipement industriel de 24 millions d’euros, la direction du GCS GIBA assure poursuivre les échanges avec les représentants du personnel.
Une visite de la blanchisserie a été proposée début juillet aux membres de la Formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail (F3SCT) du CHU et du Cesame. Les organisations syndicales ont indiqué souhaiter la présence de l’inspection du travail lors de cette visite.