
Alors que la Charente subit une période de fortes chaleurs, les conditions de détention à la maison d’arrêt d’Angoulême suscitent de vives inquiétudes. Surpopulation carcérale, cellules saturées et manque d’effectifs parmi les surveillants compliquent le quotidien des détenus comme celui du personnel pénitentiaire.
Des cellules surchargées en pleine vague de chaleur
Selon France Bleu, dans cet établissement pénitentiaire conçu pour accueillir environ 200 détenus, près de 290 personnes sont actuellement incarcérées.
Cette surpopulation entraîne des situations particulièrement difficiles dans certaines cellules de 12 m² prévues pour quatre occupants, mais qui accueillent parfois jusqu’à sept personnes. Des matelas sont installés au sol et des ventilateurs sont utilisés pour tenter d’atténuer les effets de la chaleur.
Les agents pénitentiaires ont choisi d’alerter sur ces conditions de détention par l’intermédiaire du député de la Charente René Pilato.
Des tensions accrues derrière les murs
« On a un souci de surpopulation carcérale », souligne le député LFI de la Charente René Pilato.
« La maison d’arrêt d’Angoulême est vieille. On a des cellules avec quatre personnes : la dernière fois quand on a visité, avec quand même des cellules, ils étaient sept dans douze mètres carrés. La température monte. Les frictions montent. Il y a des cellules avec des douches, mais dans les cellules où il n’y a pas de douches, le personnel pénitentiaire passe toute la journée à ouvrir, à fermer, à accompagner un par un les prisonniers. »
Selon plusieurs témoignages, les fortes températures aggravent les tensions déjà existantes au sein de l’établissement, avec une augmentation des conflits entre détenus ces derniers jours.
Les surveillants dénoncent un manque d’effectifs
Les organisations syndicales réclament le recrutement de dix agents supplémentaires ainsi que le transfert d’une cinquantaine de détenus vers d’autres établissements afin de réduire la pression sur le personnel.
Le délégué syndical Force Ouvrière des agents pénitentiaires de la maison d’arrêt d’Angoulême estime que la dégradation des conditions de détention impacte directement le travail des surveillants.
« Si les détenus ne sont pas bien, forcément nos conditions de travail ne sont pas bien. C’est ce que nous, on réclame : un surveillant, il avait peut-être 50 détenus à gérer, aujourd’hui il en a 90 à gérer. Il fait chaud. L’année dernière, il faisait tellement chaud qu’à l’infirmerie les médicaments fondaient. »
Une situation qui inquiète les personnels
Face à l’afflux de détenus et à la hausse des températures, les agents pénitentiaires alertent sur une situation qu’ils jugent de plus en plus difficile à gérer au quotidien.
La combinaison de la surpopulation carcérale, du sous-effectif et de la canicule place actuellement la maison d’arrêt d’Angoulême sous forte tension.