
Après dix mois de présence ininterrompue sur les quais du Cotentin, les monumentales structures métalliques destinées au futur parc offshore de Seine-Maritime ont définitivement pris la mer. Le navire spécialisé a embarqué les ultimes fondations ce vendredi, clôturant ainsi un ballet logistique hors norme dans le nord de la péninsule.
L’achèvement d’un long transit portuaire
Les gigantesques embases en treillis, couramment appelées jackets dans l’industrie maritime, avaient fini par s’intégrer à l’horizon cherbourgeois. L’expédition de ces mastodontes d’acier s’est achevée le dix-neuf juin avec l’intervention d’un navire auto-élévateur doté de mensurations exceptionnelles et de longues jambes d’ancrage. Ce bâtiment naviguant a pris en charge les derniers exemplaires stockés sur le terre-plein des Mielles afin de les acheminer directement vers leur zone d’implantation définitive au large des côtes normandes.
Des dimensions vertigineuses venues de la péninsule ibérique
Le stockage de ces pièces d’ingénierie a constitué un défi de taille pour les infrastructures locales au cours des dix derniers mois. Chaque structure affiche en effet une hauteur de cinquante-cinq mètres pour un poids vertigineux avoisinant les deux mille tonnes. Avant de faire escale dans la Manche, l’ensemble de ces fondations avait été usiné puis assemblé sur des chantiers navals espagnols, la plateforme portuaire cherbourgeoise servant de point de rassemblement stratégique avant l’installation finale en mer.
L’ancrage d’un vaste complexe électrique marin
Ces soixante-deux embases métalliques, solidement fixées aux fonds marins par un système de quatre pieux, sont appelées à soutenir les futures turbines du parc éolien de Dieppe-Le Tréport. Une fois dressées sur ces socles, les éoliennes culmineront à plus de deux cents mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce complexe énergétique, d’une capacité globale frôlant les cinq cents mégawatts, aura pour vocation d’alimenter annuellement en électricité renouvelable l’équivalent de huit cent cinquante mille foyers.