Les températures commencent à amorcer une légère baisse, mais l’heure n’est pas encore au relâchement. En Maine-et-Loire, le préfet a décidé de maintenir les mesures de prévention liées à la canicule et au risque élevé de feux de forêt et de végétation. Une décision motivée autant par les conditions météorologiques que par la forte pression qui continue de peser sur les services de secours et de santé.

Depuis plusieurs jours, les centres d’urgence fonctionnent à flux tendu. Les appels au SAMU ont bondi de 70 % par rapport à une journée ordinaire, tandis que le Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS) enregistre un doublement de son activité. Dans le même temps, les hospitalisations progressent de 33 %, avec des conséquences particulièrement marquées chez les personnes âgées.
Face à cette situation, les établissements hospitaliers ont activé l’ensemble de leurs plans blancs afin de préserver leurs capacités de prise en charge. « Les services de secours et de santé restent fortement mobilisés », souligne la préfecture, qui appelle chacun à maintenir les gestes de prévention et à veiller aux personnes les plus fragiles.
Une vingtaine de départs de feu en une journée
La chaleur et la sécheresse continuent également d’alimenter le risque incendie. Au cours de la seule journée de mercredi, près de 25 départs de feux d’herbes, de haies ou de végétation ont été recensés par le Service départemental d’incendie et de secours.
Si les incendies en milieu agricole demeurent plus limités, les autorités y voient le résultat du respect des mesures de prévention imposées par arrêté préfectoral. Le préfet a salué la responsabilité des agriculteurs du département, tout en les invitant à conserver à proximité les équipements nécessaires pour réagir rapidement à tout départ de feu : téléphone, extincteur ou encore tonne à eau.
À Saint-Macaire-du-Bois, 110 hectares parcourus par les flammes
Le principal foyer de préoccupation reste l’incendie de Saint-Macaire-du-Bois. Après reconnaissance aérienne, la surface touchée a été estimée à 110 hectares. Tout au long de la journée, les sapeurs-pompiers se sont relayés pour traiter les points chauds encore actifs et les nombreuses fumeroles observées sur le terrain.
Parallèlement, des travaux de coupe et de broyage ont été réalisés afin de créer des bandes pare-feu et limiter tout risque de reprise. Car malgré la maîtrise du sinistre, le danger n’a pas disparu. Le risque de « saute de feu », favorisé par le vent et la sécheresse de la végétation, demeure présent et impose le maintien d’un important dispositif de surveillance.
Des renforts venus de plusieurs départements
Pour faire face à la situation, près de 80 sapeurs-pompiers et 30 engins restent mobilisés sur ce seul incendie. Des moyens supplémentaires ont également été déployés, notamment un hélicoptère de reconnaissance venu d’Indre-et-Loire.
Cinq groupes d’intervention feux de forêt (GIFF) extra-départementaux ont rejoint les effectifs du Maine-et-Loire. Une première colonne venue de Normandie rassemble des personnels de la Manche, du Calvados, de l’Orne et de la Mayenne. Elle a été renforcée ce jeudi par des équipes du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine ainsi que par des sapeurs-pompiers spécialisés de la Sarthe.
Alors que les prochains jours restent marqués par un niveau de risque élevé, les autorités rappellent que la levée des mesures de prévention dépendra non seulement de l’évolution des conditions météorologiques, mais aussi de la pression exercée sur les services de secours et de santé. En attendant, la consigne demeure la même : prudence et vigilance de tous les instants.