Dès octobre, les élèves de CE1 et de CE2 des écoles angevines recevront chaque mois un magazine choisi parmi neuf titres. Une nouvelle manière pour la Ville d’Angers de donner le goût de lire aux enfants, en remplaçant les iPads individuels par un accès plus direct aux histoires, à l’imaginaire et au partage.

Dans les cartables des petits Angevins, il n’y aura bientôt plus seulement des cahiers et des manuels. À partir du mois d’octobre, environ 3 400 élèves de CE1 et de CE2 recevront chaque mois un magazine de lecture, financé par la Ville d’Angers. Une mesure destinée à remettre le plaisir de lire au centre du quotidien des enfants, alors que la place des écrans continue d’interroger.
« L’idée, c’est de donner le goût de la lecture à nos petits Angevins, le goût de s’ouvrir au monde, de développer l’imaginaire et aussi de partager ces histoires en famille ou avec les copains et les copines à l’école », explique Antoine Lelarge, adjoint à l’Éducation de la Ville d’Angers.
Neuf magazines au choix pour chaque enfant
Le principe est simple : chaque élève concerné pourra choisir individuellement son abonnement parmi neuf titres proposés. Certains magazines seront davantage adaptés aux niveaux CE1, d’autres aux CE2, afin que chaque enfant puisse trouver un support correspondant à son âge et à ses envies.
« On souhaite accompagner ça parce qu’on sait que lire a aussi un coût pour les familles », souligne Antoine Lelarge. La Ville prévoit ainsi un investissement estimé à environ 200 000 euros par an pour ce dispositif.
Un budget qui s’inscrit dans un changement de stratégie numérique dans les écoles angevines. La municipalité fait le choix d’abandonner progressivement la mise à disposition d’iPads individuels pour les élèves, sans pour autant tourner le dos au numérique.
Des écrans collectifs plutôt que des tablettes individuelles
Christophe Béchu précise que cette évolution ne signifie pas la disparition des outils numériques dans les classes.
« Ça ne veut pas dire qu’on arrête le numérique dans les écoles. On va vers une solution avec des tableaux numériques dans les classes. Ce sera un écran collectif et plus un écran individuel, ce qui n’est pas du tout le même type d’investissement », explique le maire d’Angers.
Pour la Ville, le changement permet aussi de limiter les contraintes liées au renouvellement régulier du matériel. « Là, on remplace du numérique par du papier, on remplace des solutions qui reposaient sur des iPads par des abonnements individuels », résume Christophe Béchu.
Le dispositif concernera tous les élèves de CE1 et CE2 des écoles publiques dont la Ville a la responsabilité, mais aussi les enfants scolarisés dans les écoles privées, « par rapport à la classe d’âge », précise le maire.
Un projet construit avec les enseignants et les bibliothécaires
Cette nouvelle politique de lecture n’a pas été décidée seule par la municipalité. Elle a été travaillée avec les enseignants et les équipes des bibliothèques municipales, déjà engagées auprès des enfants et des familles.
« Les bibliothèques accompagnent déjà les enfants sur la lecture. Elles ont déjà des abonnements, elles savent ce qui fonctionne », rappelle Antoine Lelarge.
À Angers, chaque école est déjà rattachée à une bibliothèque de proximité, ce qui facilite les liens entre enseignants et professionnels de la lecture.
Christophe Béchu insiste sur une démarche plus globale : « Le soutien à la lecture ne démarre pas avec cette mesure. Il a démarré il y a déjà quelques années. »
La Ville compte neuf bibliothèques dans son réseau, dont huit bibliothèques de quartier. Plusieurs ont déjà bénéficié de rénovations importantes : dans les dix dernières années, quatre équipements ont été modernisés, et un nouveau chantier doit permettre d’atteindre cinq bibliothèques rénovées sur neuf.
Après les CE1-CE2, place au partage entre lecteurs
La politique de lecture se prolongera aussi auprès des élèves plus âgés. La Ville prépare également un prix littéraire destiné aux élèves de CM1 et CM2 dans le cadre du périscolaire.
L’objectif : après avoir accompagné les plus jeunes dans la découverte des livres, donner aux plus grands un rôle de passeurs de lecture. « En CE1-CE2, on les abonne, et en CM1-CM2, on va leur demander de donner des conseils de lecture à leurs pairs au travers de ce prix littéraire », explique Christophe Béchu.