La vague de chaleur qui s’installe depuis plusieurs jours commence à laisser son empreinte sur les services hospitaliers. Au CHU d’Angers, les conséquences de la canicule sont désormais bien visibles. Les téléphones du Centre 15 sonnent sans relâche, les équipes du SMUR multiplient les interventions et les lits d’hospitalisation se remplissent, notamment pour les patients les plus âgés.

Pour faire face à cette montée en charge, l’hôpital a déclenché mardi soir le niveau 2 du Plan blanc, un dispositif exceptionnel qui permet de réorganiser rapidement les services.
Des standards du Centre 15 pris d’assaut
Le premier signal est venu de la régulation médicale. Depuis le début de l’épisode de chaleur, les appels affluent au Centre 15.
Mercredi, les équipes avaient déjà reçu 35 % d’appels supplémentaires par rapport à la semaine précédente. Vendredi, le constat est encore plus marqué : 2 400 appels ont été décrochés en 48 heures, contre environ 1 400 habituellement. Une augmentation de 70 %, qui mobilise fortement les assistants de régulation et les médecins.
Sur le terrain aussi, l’activité s’accélère. Jeudi, les équipes du SMUR sont sorties 24 fois pour des urgences vitales, soit trois fois plus qu’en temps normal.
Les personnes âgées paient le plus lourd tribut
Aux urgences, l’affluence reste contenue. En revanche, les patients qui franchissent les portes de l’hôpital nécessitent plus souvent une hospitalisation.
Vendredi matin, une vingtaine de personnes attendaient encore qu’un lit se libère. Au total, le taux d’hospitalisation est supérieur de 14 % à celui habituellement observé.
Cette hausse concerne surtout les personnes âgées. Chez les plus de 75 ans, plus d’un patient sur trois est hospitalisé après son passage aux urgences, un niveau 10 points supérieur aux habitudes.
L’hôpital ouvre des lits et repousse les opérations non urgentes
Pour absorber cet afflux, le CHU a dû revoir son organisation.
Huit lits supplémentaires ont été ouverts en gériatrie et en soins médicaux de réadaptation dans le bâtiment inauguré l’an dernier. Quinze autres places ont été créées en transformant des lits d’hospitalisation de semaine en lits d’hospitalisation complète pour le week-end.
En parallèle, les interventions de chirurgie et les hospitalisations médicales non urgentes, hors cancérologie, restent reportées jusqu’au 29 juin. Les patients concernés ont tous été prévenus directement par les équipes hospitalières.
Le CHU insiste toutefois sur un point : les personnes qui n’ont pas été contactées doivent se présenter normalement à leur rendez-vous et ne pas reporter leurs soins de leur propre initiative.
Une vigilance qui se poursuit
À l’approche du week-end, la cellule de crise continue de suivre l’évolution de la situation heure par heure. Les visites restent autorisées, mais il est recommandé de les limiter à une personne à la fois dans les services.
Alors que les températures élevées devraient encore se maintenir, les équipes hospitalières restent mobilisées. Derrière les chiffres, c’est une réalité qui se dessine : celle d’un hôpital qui s’adapte au rythme de la canicule, avec une pression qui s’exerce moins sur les urgences elles-mêmes que sur l’ensemble de la chaîne de soins, de la régulation des appels jusqu’aux lits d’hospitalisation.