Ce jeudi 2 juillet 2026 avait lieu une conférence de presse organisée par le Département du Maine-et-Loire pour annoncer la création, dès la rentrée prochaine, de modules de formation obligatoires pour les structures dépendantes de la collectivité, afin de les sensibiliser au repérage et au signalement des violences sexuelles.
Une situation préoccupante
L’atmosphère était lourde dans les locaux du Département à l’évocation d’un sujet brûlant de l’actualité française. Après l’affaire Lyhanna qui a bouleversé le pays, et les 288 signalements d’agressions sexuelles collectés au premier semestre 2026 par la Cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip) en Maine-et-Loire, l’urgence est là. À l’échelle nationale, la CIIVISE recense pas moins de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année.
« Il était essentiel de répliquer », a affirmé avec force Florence Dabin.
Des mesures fortes
C’est dans ce contexte que la présidente du Département porte une mesure inédite à l’échelle locale, pour un combat partagé par tous les acteurs présents. Cette démarche ambitieuse consiste à imposer aux différentes structures du département des modules de formation de deux heures minimum, destinés à l’ensemble des intervenants, bénévoles et salariés en contact avec des mineurs.
Cette initiative s’ajoute aux dispositifs déjà pris par certaines structures, dont les formations passées n’étaient pas toujours complètes. L’objectif est clair : harmoniser et élever le niveau de connaissances sur ce sujet sensible et essentiel.
Ces modules seront désormais une condition pour obtenir l’aide de la collectivité : « Désormais, pas un euro de fonds publics ne sera attribué à ces structures sans qu’il y ait une formation pour les bénévoles ou les permanents dans chacune d’entre elles », a assuré la présidente.
Un objectif de protection de l’enfance
Ces sessions seront encadrées par des experts issus d’associations de protection de l’enfance, ainsi que par des agents du Département formés en amont. Ils transmettront aux professionnels et bénévoles les clés pour mieux repérer, signaler et accompagner les enfants victimes.
Ces formations, pionnières en France, seront opérationnelles dès la rentrée de septembre. « L’idée est que l’on soit prêt pour la rentrée. Alors, sans doute que tous les bénévoles ne seront pas formés au 30 septembre,” a rationalisé Florence Dabin. “Mais en tout cas, nous démarrerons en septembre avec une campagne de communication auprès de toutes les associations. »
Un club sportif engagé
La conférence de presse a ensuite laissé place aux témoignages de la vice-présidente de l’UFAB et du directeur du THV de Saint-Barthélemy-d’Anjou, venus détailler les actions déjà menées au sein de leurs structures. Des initiatives qui montrent l’attachement des structures du département à ces enjeux de protection de l’enfance.
À l’UFAB, club presque exclusivement féminin, l’initiative a été prise à travers une charte de bonne conduite. Le club a fait intervenir Anaïs Poirier, psychologue au CHU, pour sensibiliser les membres du centre de formation, joueuses comme entraîneurs.
« On a fait quelque chose qui nous ressemblait […] pour adapter les ateliers aux différents âges présents au centre, qui vont de l’école de basket aux U21 », a précisé Julie Lebon-Barré, vice-présidente de l’UFAB. Ces ateliers ont été organisés sur les temps d’entraînement, avec l’accord des parents.
Le théâtre de la lutte
Le Théâtre de l’Hôtel de Ville (THV) de Saint-Barthélemy-d’Anjou est le seul de la région à être conventionné d’intérêt national « Art et Enfance ». « Ce qui signifie que nous avons des missions d’accompagnement à la production, à la diffusion et à la médiation », a rappelé son directeur, Gurval Reto. « On questionne donc la place de l’enfant et nous luttons contre l’infantisme, c’est-à-dire réduire l’enfant au silence. »
Une lutte qu’il juge indispensable pour libérer la parole des plus jeunes et leur permettre de dénoncer de potentiels abus. Et de conclure : « Le théâtre est un lieu symbolique de prise de parole. »
Aidan Bossard
