Trois policiers du commissariat d’Angers ont été mis en examen pour faux et usage de faux. La justice leur reproche d’avoir « menti » lors de l’interpellation d’un homme qui livrait la maison d’arrêt d’Angers par drone. Une décision vivement critiquée en interne et qui suscite des interrogations.

L’affaire connaît un spectaculaire rebondissement. Trois policiers du commissariat d’Angers ont été mis en examen pour faux et usage de faux avant d’être suspendus de leurs fonctions avec interdiction d’exercer, le temps de l’enquête.
Cette décision intervient plusieurs mois après une intervention particulièrement sensible survenue dans la nuit du 4 novembre 2025, au cours de laquelle un jeune Angevin, Célestin XXX, avait été mis en cause après un tir policier.
Une intervention qui avait conduit à une mise en examen
Selon la version initialement retenue par les enquêteurs, les faits s’étaient produits vers 4 h 30 du matin, alors que Célestin XXX recherchait son drone. Les policiers avaient affirmé que le jeune homme avait délibérément foncé sur eux avec son véhicule alors qu’ils tentaient de l’intercepter, contraignant l’un des fonctionnaires à ouvrir le feu, comme nous vous le révélions le 16 juin dernier.
Sur la base de ces déclarations, Célestin XXX avait été mis en examen pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique, une qualification particulièrement lourde.
Mais au cours de l’information judiciaire, la découverte d’une vidéo aurait profondément modifié la lecture des événements. Selon Me Aristote Toussaint, avocat de Célestin XXX, ces images démontreraient que la version livrée par les trois policiers ne correspond pas au déroulement réel des faits.
« Les trois policiers ont menti », avance le pénaliste nantais, qui indique avoir déposé plainte contre les fonctionnaires pour fausses dénonciations. Les investigations ont alors été réorientées afin de vérifier les circonstances exactes de l’intervention ainsi que le contenu des procès-verbaux établis après les faits.
Garde à vue, mise en examen et suspension
Dans le cadre de cette enquête, les trois policiers ont été placés en garde à vue et entendus par les enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à Rennes.
À l’issue de leur déferrement devant un magistrat instructeur, ils ont été mis en examen des chefs de faux et usage de faux.
Parallèlement, l’administration a décidé de les suspendre de leurs fonctions, avec interdiction d’exercer toute activité policière pendant la durée de l’enquête judiciaire.
Au sein des effectifs, cette suspension a provoqué une vive émotion. Selon plusieurs sources proches du dossier, la décision a été ressentie comme un véritable coup de massue.
Dans les rangs de la police, nombreux sont ceux qui disent ne pas comprendre une mesure jugée particulièrement sévère alors que la procédure judiciaire est toujours en cours. Des sources policières indiquent n’y avoir « aucun élément probant pouvant remettre en cause la version des policiers, aucune expertise réalisée et encore moins d’audition de l’auteur réalisée avant cette mise en examen ».
D’autres rappellent toutefois qu’une suspension administrative ne constitue pas une sanction disciplinaire définitive mais une mesure conservatoire destinée à préserver le bon déroulement de l’enquête.
L’information judiciaire devra désormais déterminer les responsabilités de chacun et établir si les infractions reprochées aux trois policiers sont constituées. De leur côté, ils bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.