
Confrontée à d’importantes contraintes budgétaires, la direction du Centre hospitalier public du Cotentin a décidé de supprimer le forfait mobilités durables qui était versé à son personnel, selon les informations rapportées par La Presse de la Manche. Cette prime annuelle, mise en place il y a trois ans, récompensait les agents qui privilégiaient les modes de transport respectueux de l’environnement pour se rendre sur leur lieu de travail.
Une prime annuelle supprimée au nom des économies de santé
Instaurée en 2023 au sein de l’établissement hospitalier, cette aide financière s’échelonnait entre 100 et 300 euros par an selon la régularité des trajets effectués à vélo, en trottinette ou en covoiturage. Plus de 5 % du personnel bénéficiait de ce coup de pouce écologique et pécuniaire, d’après les chiffres avancés par le syndicat Force Ouvrière. L’engouement était tel que certains collaborateurs habitant en périphérie n’hésitaient pas à transporter leur deux-roues dans leur véhicule afin d’effectuer les derniers kilomètres en pédalant, contribuant ainsi à désengorger les abords de l’hôpital et à libérer des places de stationnement.
Le maintien de l’aide menaçait des postes d’infirmiers
Pour justifier l’abandon soudain de ce dispositif vertueux, la direction du centre hospitalier a mis en avant un arbitrage financier strict destiné à préserver la qualité des soins et à ne pas fragiliser les services. Selon les représentants syndicaux, l’administration a clairement signifié que la reconduction de cette prime écologique aurait inéluctablement entraîné la suppression de deux à trois postes d’infirmiers au sein de l’établissement. Un argument budgétaire de poids face auquel les organisations syndicales ont dû s’incliner pour prioriser le maintien des effectifs soignants.
Des déclarations sur l’honneur parfois détournées
Au-delà de l’impératif économique, le mode de fonctionnement du forfait mobilités durables a également pu peser dans la balance lors de la décision finale. L’attribution de l’indemnité reposait exclusivement sur une déclaration sur l’honneur des agents, un système déclaratif qui a engendré quelques dérives. Le syndicat CFDT du centre hospitalier a en effet pointé du doigt l’attitude de certains salariés qui ne respectaient pas les consignes du dispositif, estimant que ces comportements abusifs ont fini par pénaliser l’ensemble du personnel engagé dans une démarche de mobilité douce.