Dans le pays de L’Aigle, la canicule brûle les récoltes et met les élevages à rude épreuve

05/07/2026
0
Les dégâts de la canicule dans l’Orne sont intenses / DR

Le pays de L’Aigle fait face à un épisode caniculaire intense qui fragilise l’ensemble du secteur agricole, selon les informations rapportées par Le Réveil Normand. Entre des moissons prématurées imposées par l’assèchement des grains et le stress thermique subi par des animaux privés de pâturage, les exploitants de l’Orne sont contraints de s’adapter dans l’urgence pour limiter des pertes économiques et agronomiques qui s’annoncent lourdes.

Des moissons précoces et un manque à gagner pour les céréaliers
Les températures exceptionnelles, supérieures de quinze degrés aux normales saisonnières, ont profondément bouleversé le cycle de maturation des céréales. Après un mois de mai particulièrement pluvieux, la chaleur écrasante a asséché le blé sur pied, contraignant les agriculteurs à lancer les moissons avec près de dix jours d’avance pour espérer les terminer à la mi-juillet, date habituelle de leur commencement. Cette accélération brutale donne des grains beaucoup plus petits et légers qu’à l’accoutumée. Puisque le cours du blé est fixé au poids, les céréaliers français se préparent à une baisse de revenus notable, d’autant que la concurrence internationale reste vive sur un marché mondial dont les autres acteurs sont épargnés par cet épisode météorologique concentré sur l’ouest de l’Europe.

Le bétail en souffrance et les réserves hivernales entamées
Le règne animal subit également de plein fouet les conséquences de cette vague de chaleur extrême. Les bovins, dont la tolérance thermique décline dès que le thermomètre dépasse les vingt degrés, se retrouvent en situation de stress intense alors que le mercure frôle les quarante degrés dans la région, au même titre que les porcins qui sont physiquement incapables de transpirer pour réguler leur température corporelle. Face aux prairies jaunies par le soleil où l’herbe a cessé de pousser, les éleveurs n’ont plus d’autre choix que de commencer à distribuer les stocks de fourrage initialement constitués pour nourrir les troupeaux au cours de l’hiver prochain.

Des restrictions de battage pour écarter le risque d’incendie
Outre les pertes agronomiques, cette sécheresse impose des mesures de sécurité drastiques dans les plaines et les bâtiments agricoles. Pour prévenir les départs de feu que pourrait provoquer la moindre étincelle d’une machine agricole contre un caillou au milieu de pailles hautement inflammables, des arrêtés préfectoraux interdisent désormais les travaux de battage et de pressage entre midi et vingt heures. Dans les fermes, les exploitants déploient des systèmes de ventilation et des brumisateurs pour soulager les bêtes les plus vulnérables, esquissant au quotidien les méthodes d’adaptation qui deviendront indispensables pour faire face à la répétition de ces extrêmes climatiques.

Quitter la version mobile