Le chantier de contournement de Lussac-les-Châteaux et Mazerolles fait face à une importante rallonge budgétaire liée à l’inflation. Le président du conseil départemental, Alain Pichon, tape du poing sur la table et refuse d’injecter un euro de plus, renvoyant l’État et la Région à leurs responsabilités.
Une facture globale qui s’envole à 157 millions d’euros
Le projet de déviation de la RN 147, long de 8,5 kilomètres et comprenant trois viaducs, est entré en phase de construction fin 2025. Initialement chiffré à 93 millions d’euros, puis réévalué à 143 millions, le coût total du chantier vient de grimper de 14,5 millions d’euros supplémentaires en raison de l’inflation et du coût des appels d’offres pour les ouvrages d’art. Le montant global atteint désormais 157,5 millions d’euros.
Sur cette nouvelle rallonge, un peu plus de 5 millions d’euros sont réclamés au Département de la Vienne. Une situation jugée inacceptable par l’exécutif local, qui rappelle que la collectivité est déjà le premier contributeur financier d’un axe qui relève pourtant d’une route nationale.
Le plan de financement initial se répartissait ainsi :
- Département de la Vienne : 53 millions d’euros
- État : 50 millions d’euros
- Région Nouvelle-Aquitaine : 40 millions d’euros
Les finances des départements dans le rouge
Pour Alain Pichon, la santé financière de la collectivité ne permet pas d’absorber cette dépense imprévue. À l’instar de près de 70 % des départements français, la Vienne subit de fortes contraintes budgétaires et des baisses de dotations. L’élu dénonce une forme de désengagement de l’État qui impose des charges sans concertation ni compensation financière.
D’après France 3 Nouvelle Aquitaine, de son côté, le préfet de la Vienne, Serge Boulanger, se montre rassurant quant à la poursuite de ce chantier capital, destiné à sortir quelque 16 000 véhicules par jour (dont de nombreux camions) des centres-bourgs. Le représentant de l’État affirme qu’une solution sera trouvée pour mener les travaux à leur terme.
Les différents cofinanceurs ont prévu de se réunir autour de la table le 16 juillet 2026 pour débloquer la situation et tenter de maintenir le calendrier initial, qui prévoit une mise en service de la déviation à l’horizon 2028.
