« Scandaleux et indigne » : au CHU d’Angers, une chambre climatisée transformée en dortoir selon SUD Santé

10/07/2026
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Crédit : Angers Info

Alors que le Maine-et-Loire est passé en vigilance rouge canicule ce vendredi 10 juillet à midi et que le gouvernement a activé le plan ORSEC pour faire face aux chaleurs extrêmes, le syndicat SUD Santé Sociaux du CHU d’Angers tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué particulièrement virulent, l’organisation syndicale dénonce une gestion « scandaleuse et indigne » de la situation au sein de l’hôpital et annonce avoir déposé un droit d’alerte.

Selon SUD Santé, cette troisième vague de chaleur depuis la fin du mois de mai met en lumière des difficultés importantes dans plusieurs services de l’établissement, où les températures seraient devenues incompatibles avec une prise en charge optimale des patients et des conditions de travail acceptables pour les soignants.

Des lits climatisés fermés malgré la canicule

Le syndicat affirme que plusieurs chambres tempérées auraient été fermées dans le cadre des réductions de capacité prévues pendant les congés d’été, alors même que les prévisions météorologiques annonçaient un épisode de chaleur extrême.

SUD Santé cite notamment les secteurs de Godeau et de la chirurgie ambulatoire, où les équipes seraient confrontées à des températures élevées malgré l’utilisation de ventilateurs. Selon le syndicat, les personnels ne seraient plus en mesure d’assurer des soins dans des conditions de sécurité satisfaisantes, aussi bien pour les patients que pour eux-mêmes.

Une chambre climatisée transformée en « dortoir »

Le point le plus critique soulevé par SUD Santé concerne le secteur Godeau. Lors d’une visite effectuée en début d’après-midi, les représentants syndicaux affirment avoir constaté que quatre patients – deux hommes et deux femmes – étaient installés dans une chambre climatisée conçue à l’origine pour deux personnes.

Toujours selon le syndicat, les équipes auraient reçu pour consigne d’organiser une rotation des patients afin que chacun puisse bénéficier ponctuellement de la fraîcheur de cette pièce, laissant aux soignants la responsabilité de déterminer les priorités.

SUD Santé ajoute que seuls quatre brumisateurs étaient disponibles pour l’ensemble des patients du service jusqu’au week-end.

Lors d’un second passage à 16 h 30, les représentants syndicaux indiquent qu’un cinquième patient avait été installé dans cette même chambre, nécessitant un refroidissement de sa température corporelle. Le syndicat qualifie cette situation de « dortoir » et la juge « scandaleuse et indigne ».

Un droit d’alerte déposé

Le syndicat explique avoir tenté d’alerter la direction de l’établissement avant de déposer officiellement un droit d’alerte au titre du Code du travail.

Selon SUD Santé, les représentants syndicaux n’ont pu rencontrer ni la directrice générale ni le directeur général adjoint. Ils indiquent avoir ensuite échangé avec le directeur des ressources humaines adjoint, qui, selon eux, ne disposait pas d’informations sur la situation, puis avec la coordinatrice générale des soins, sans obtenir de réponse immédiate aux difficultés signalées.

Estimant que la santé physique et psychologique des agents, ainsi que la sécurité des patients, sont menacées, le syndicat demande une intervention de la direction dans le délai réglementaire de 48 heures.

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