La Confédération paysanne de Maine-et-Loire renouvelle son opposition au projet de création d’un élevage de 560 veaux de boucherie au lieu-dit Le Moyer, à Verrie, près de Saumur. Dans un communiqué, le syndicat agricole estime que ce dossier soulève des questions de fond sur le modèle agricole à privilégier pour l’avenir.

Selon l’organisation, ce projet s’inscrit dans une évolution de l’agriculture marquée par des exploitations de plus en plus importantes, spécialisées et intégrées à des filières industrielles. La Confédération paysanne affirme défendre un autre modèle, fondé sur des exploitations à taille humaine et sur l’autonomie des agriculteurs.
Une critique du modèle d’élevage intégré
Dans son communiqué, le syndicat explique que, dans la filière du veau de boucherie, les éleveurs travaillent souvent dans le cadre de contrats avec des entreprises qui fournissent les animaux, l’alimentation, les consignes techniques et assurent ensuite la commercialisation.
Selon la Confédération paysanne, cette organisation réduit la marge de décision des exploitants, qui conservent les investissements et les risques financiers sans maîtriser l’ensemble des choix liés à leur production.
Le syndicat estime qu’un éleveur doit pouvoir conserver la maîtrise de son exploitation et adapter ses pratiques à son territoire.
Des interrogations sur le bien-être animal
La Confédération paysanne met également en avant les conditions d’élevage prévues dans le projet. Elle indique que les veaux seraient élevés exclusivement en bâtiment, sur caillebotis et sans accès à l’extérieur.
Pour le syndicat, cette conception de l’élevage ne répond pas à sa vision d’une agriculture respectueuse des besoins des animaux. Il considère que la qualité des produits est étroitement liée aux conditions d’élevage et estime que les attentes des consommateurs évoluent vers davantage de transparence sur les modes de production.
Un débat sur le modèle agricole
Le communiqué souligne également les enjeux environnementaux liés à ce type d’exploitation. La Confédération paysanne critique un système qu’elle qualifie de « hors-sol », dans lequel les animaux sont dissociés des terres agricoles produisant leur alimentation, avec des effluents devant être stockés puis épandus.
Le syndicat défend au contraire un élevage associé aux cultures et aux prairies, qu’il considère comme plus favorable à l’autonomie des fermes, à l’emploi agricole et à la préservation des ressources naturelles.
Au-delà du seul projet de Verrie, la Confédération paysanne estime que ce dossier pose la question de l’évolution de l’agriculture française entre un modèle davantage industrialisé et une agriculture paysanne reposant sur des exploitations autonomes et ancrées dans leur territoire.
Des positions contrastées des collectivités
La Confédération paysanne appelle les habitants, les élus et les pouvoirs publics à ne pas soutenir ce type de projet et à favoriser, selon elle, une agriculture paysanne.
Le syndicat salue par ailleurs la délibération du conseil municipal de Saumur, qui s’est prononcé contre le projet, estimant que cette décision témoigne d’une réflexion des collectivités sur le modèle agricole à encourager. À l’inverse, il regrette que la commune de Gennes-Val-de-Loire n’ait pas adopté la même position.
La Confédération paysanne affirme enfin qu’elle poursuivra sa mobilisation en faveur d’une agriculture qu’elle qualifie de plus autonome, respectueuse des éleveurs, des animaux et des territoires.