Depuis la mi-juin 2026, la Fédération de pêche de la Vienne mène des suivis bimensuels sur 750 kilomètres de cours d’eau. Malgré un hiver pluvieux, la succession de vagues de chaleur met les populations de poissons en péril.
Des niveaux déjà en dessous des moyennes de saison
Sur la Palu, au niveau du village de Blaslay, le constat est préoccupant. Si le cours d’eau conserve un écoulement pour le moment, son niveau actuel correspond à celui d’un mois d’octobre normal. L’inquiétude des techniciens repose sur la longueur de la période d’étiage restante (environ trois mois) sans perspective de recharge des nappes phréatiques, faisant craindre un assèchement complet de la rivière avant l’automne.
L’hiver très pluvieux avait pourtant permis une excellente recharge des nappes. Cependant, l’intensité de la canicule a effacé ces bénéfices en quelques semaines, propulsant les débits sous les normales saisonnières. Si la situation n’atteint pas encore le niveau historique de la sécheresse de 2022, la vitesse de dégradation alarme les spécialistes.
Une eau trop chaude qui menace la truite fario
Selon Ici Poitou, le problème majeur réside dans la combinaison des débits faibles et des températures anormalement élevées de l’eau. Des relevés thermiques ont montré des valeurs critiques :
25,2 °C ont été enregistrés dans l’Auxance, alors que cette rivière dépasse rarement les 23 °C en temps normal.
Ces températures atteignent le seuil létal de la truite fario, fixé à 25 °C. En conséquence, les scientifiques constatent une modification profonde et inédite du peuplement piscicole de l’Auxance depuis le début de ses suivis, sous l’effet direct du dérèglement climatique.
