
Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné ce jeudi 21 décembre 2023 le fondateur du site d’extrême-droite Breizh-Info, son journaliste et le directeur de l’Alvarium pour “diffamation” et “injure” raciste à l’encontre d’un journaliste Ouest-France à Angers (Maine-et-Loire).
Le tribunal correctionnel de Rennes a infligé une amende de 2.500 € à chacun d’eux. Ils devront aussi payer solidairement 1.000 € de dommages et intérêts à Josué XXX, 1 € à son employeur Ouest-France et enfin prendre en charge leurs frais d’avocat.
Pour rappel, ce site d’extrême-droite identitaire angevin fondé en 2013 par Yann Vallerie – l’ancien président du mouvement identitaire Jeune Bretagne – avait pris l’habitude de critiquer nommément les chroniqueurs judiciaires angevins du quotidien régional.
Il leur reprochait en particulier leur traitement de l’actualité autour de L’Alvarium, un “groupement de fait” d’extrême-droite à Angers dont la dissolution vient d’être confirmée par le Conseil d’Etat jeudi 9 novembre 2023.
UN “PLUMITIF GUADELOUPEEN” QUI “JETTE DES SAGAIES VERS SON PROPRE CAMP”
Le journaliste angevin avait été particulièrement pris pour cible à l’occasion d’une interview de Jean-Eudes Gannat, le fondateur de l’Alvarium, dont le local de la rue du Cornet a été fermé jusqu’à nouvel ordre par un arrêté municipal après les violences commises au lendemain de la mort du jeune Nahel et pour le non-respect des normes de sécurité.
Le média d’extrême-droite avait notamment publié un article – qui n’a jamais été dépublié – dans lequel Jean-Eudes Gannat accusait le journaliste angevin de passer son temps à “écrire (…) des articles anxiogènes et à la limite de la diffamation”. Le fondateur de l’Alvarium relevait aussi ses “considérations politiques d’extrême-gauche” et ses “liens avec les antifas”.
“Sans doute se rêve-t-il en Sartre qui “prenait la plume pour une épée”... Sauf qu’à force de relayer grossièrement la propagande de l’extrême-gauche, notre plumitif guadeloupéen jette des sagaies vers son propre camp”, avait même déclaré le fils de Pascal Gannat, ancien chef de cabinet de Jean-Marie Le Pen et chef de file du groupe FN à la région Pays de la Loire.
Me Frédéric Pichon, l’avocat parisien présenté par Le Monde comme “une figure du Printemps français”, un mouvement classé à l’extrême-droite, avait déjà prévenu qu’ils iraient “jusqu’à la Cour de cassation” si ces trois-là étaient condamnés. Il a dans l’immédiat dix jours pour faire appel de cette condamnation./CB