Economie
Ce que l’on sait du second casino du Maine-et-Loire

C’est une décision qui fera date dans l’histoire récente du Lion-d’Angers. Ce mardi 3 février, le conseil municipal a officialisé le choix du délégataire pour la construction et l’exploitation du futur casino communal. Sans surprise à l’issue de la procédure, c’est le groupe Cogit, cinquième casinotier français, qui a été retenu. À la clé : un investissement massif de 39 millions d’euros et l’ambition assumée de faire du Lion-d’Angers le plus grand établissement du groupe.
Implanté au rond-point de la Roche aux Fées, à l’entrée de cette commune rurale de 5 500 habitants située en deuxième couronne d’Angers, le futur casino s’étendra sur 3 800 m². Le premier coup de pelle est attendu en 2027, pour une ouverture au public programmée en 2029. Cogit exploitera l’équipement dans le cadre d’une délégation de service public de 20 ans.
« Au regard de la superficie des locaux et du bassin de population, ce sera notre plus important établissement », souligne Gilles Defert, directeur général du groupe à Oxygène radio , venu présenter le projet aux élus et à la presse. Un pari assumé pour ce casinotier né en Martinique en 1990, aujourd’hui seul opérateur des Antilles françaises.
Un projet rendu possible par la loi
L’arrivée d’un casino au Lion-d’Angers n’est pas le fruit du hasard. Le projet a pris forme à la suite de la loi adoptée par le Sénat le 14 décembre 2023, visant à réduire les inégalités territoriales, comme nous vous l’indiquions en exclusivité en 2023. Après la confirmation de l’éligibilité de la commune par le ministère de l’Intérieur début 2025, le conseil municipal a validé, le 2 juin, le lancement de la procédure de délégation.
Pour le maire sortant, Étienne Glémot, les exigences étaient claires : « On est au maximum de ce qu’on peut faire et Cogit a répondu rapidement à toutes nos attentes. » Parmi elles, un bâtiment exemplaire sur le plan environnemental. Le futur casino sera labellisé bâtiment passif, avec une structure en bois, des matériaux biosourcés, une isolation en paille, du triple vitrage et une gestion optimisée des flux d’eau. Le site comptera 228 places de stationnement en sous-sol et 30 en extérieur.
Jeux, restauration et animations
À l’ouverture, le rez-de-chaussée accueillera la salle de jeux avec 200 machines à sous, 106 postes de jeux électroniques et 10 tables de jeux traditionnels. Près de 750 visiteurs quotidiens sont attendus. « Le bassin de population est estimé à 3,6 millions de personnes, avec Angers bien sûr, mais aussi Laval, Rennes et Le Mans », rappelle Gilles Defert.
À l’étage, un restaurant bistronomique de 76 couverts verra le jour, avec l’objectif d’obtenir le label “Maître restaurateur” dans l’année suivant l’ouverture. Un espace de coworking complètera l’offre. La nuit, le site se transformera en lieu de vie avec billards, blind tests, afterworks, cafés littéraires et expositions. Près de 170 animations par an sont annoncées, en lien avec le tissu associatif et culturel local.
Un casino « responsable »
Particularité du cahier des charges lionnais : la prévention des addictions. Cogit s’est engagé à aller au-delà des obligations légales en recrutant un psychologue spécialisé, intégré au comité de direction. Il travaillera en lien avec le CSAPA d’Angers pour former les équipes et accompagner les joueurs en difficulté. Aucun jeu d’arcade ne sera installé, afin d’éviter toute attraction pour les mineurs.
« Un joueur doit venir s’amuser, pas se ruiner », insiste le directeur général, qui annonce également une vigilance renforcée sur les publics jeunes et la consommation d’alcool.
Des retombées majeures pour la commune
Sur le plan économique, les chiffres donnent le vertige. Le produit brut des jeux est estimé à 19 millions d’euros dès la première année d’exploitation, générant 3,2 millions d’euros de recettes annuelles pour la commune. Une partie sera reversée à la communauté de communes, aux associations locales et à la filière équine, pilier du territoire.
À terme, une centaine d’emplois devraient être créés, dont 70 % issus du département. Un enjeu supplémentaire pour la prochaine mandature : anticiper les besoins en logement liés à cette nouvelle dynamique.
Au Lion-d’Angers, les jeux sont désormais faits. Et pour la commune, le casino s’annonce déjà comme un levier financier, économique et territorial sans précédent.
