Charente-Maritime

Déménagement des soins palliatifs de Marlonges à Rochefort : la décision de l’ARS suscite une colère frontale

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DR : Le transfert de l’unité de soins palliatifs de Marlonges vers Rochefort, décidé par l’ARS, provoque une vive contestation de son chef de service, qui dénonce une décision stratégique lourde de conséquences pour l’offre de soins locale

L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a confirmé, le 9 janvier 2026, le transfert de l’unité de soins palliatifs de Marlonges, située au nord de la Charente-Maritime, vers Rochefort. Rattachée aux hôpitaux La Rochelle–Ré–Aunis, cette unité faisait l’objet de discussions depuis mars 2025. La décision, arrêtée fin décembre par l’ARS, a été officiellement présentée à l’équipe médicale le vendredi 9 janvier.

Le chef de service vent debout contre l’ARS

Selon France Bleu, depuis cette annonce, le chef de service de l’unité, le Dr Denis Del Nista, exprime une opposition radicale à ce déménagement. S’exprimant en son nom propre, il ne cache pas sa colère et utilise des mots particulièrement durs à l’égard de l’Agence régionale de santé.
« Ils ont fait caca sur mon travail » ; « Ils sont cons, ou quoi ? » lâche-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme un passage en force.
Le médecin explique avoir consacré près de trente heures à la rédaction d’un document d’une vingtaine de pages visant à démontrer l’incohérence du projet.
« J’ai passé presque 30 heures à rédiger un document de plus de 20 pages, pour expliquer pourquoi il ne fallait pas déménager, dont la conclusion est qu’il s’agit d’une erreur stratégique. C’est une erreur stratégique majeure qui va mettre à mal tous les soins palliatifs dans le secteur. »
Il rappelle également que le conseil de surveillance de l’hôpital de La Rochelle avait rendu un avis défavorable sur ce projet. Selon lui, le transfert risque de provoquer un départ massif des soignants. « Les trois-quarts de l’équipe ne vont sûrement pas le suivre à Rochefort », affirme-t-il.

Une justification réglementaire contestée
Pour motiver sa décision, l’ARS invoque la réglementation, qui prévoit qu’une unité de soins palliatifs soit implantée à proximité d’un plateau technique hospitalier. Marlonges se situe à environ 27 kilomètres de l’hôpital de La Rochelle. Un argument que le Dr Del Nista juge incohérent.
Il parle d’une décision « hypocrite » et cite plusieurs exemples en Nouvelle-Aquitaine d’unités de soins palliatifs éloignées de leur hôpital de référence : « L’unité de Châteauneuf-sur-Charente est quand même assez loin de l’hôpital de Cognac […] L’unité de Cambo-les-Bains est quand même assez loin de l’hôpital de Bayonne. »

Une structure jugée fonctionnelle et menacée

Le chef de service insiste sur la bonne santé actuelle de l’unité de Marlonges. Il compare la situation à celle d’autres établissements récemment fragilisés.
« Il faut quand même se souvenir que l’unité de soins palliatifs de la Roche-sur-Yon, elle, a fermé il n’y a pas six mois, faute de docteurs. L’unité de soins palliatifs de Saintes est en grande difficulté. Et là, ils sont en train de dynamiter un truc qui marche. »

Des incertitudes pour l’avenir

Quant à la suite, Denis Del Nista reste prudent mais n’exclut pas des choix forts pour son avenir professionnel.
« Je vais faire en sorte que les choses s’amortissent le moins mal possible. Après, j’envisagerai la façon dont mon avenir professionnel va se dérouler. J’ai déjà démissionné trois fois de mes fonctions de chef de service, je ne suis pas à une fois près. »
Le déménagement de l’unité de soins palliatifs de Marlonges vers Rochefort devrait désormais s’inscrire dans le calendrier défini par l’ARS, malgré l’opposition affirmée de son chef de service.

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