Maine-et-Loire
Urgences du CHU d’Angers : face à une situation critique, les soignants annoncent une grève illimitée
La crise aux urgences adultes du CHU d’Angers franchit un nouveau cap. Après les alertes répétées des syndicats SUD et Force Ouvrière sur la saturation du service, les conditions d’accueil des patients et l’épuisement des équipes, les soignants ont décidé de passer à l’action. Une grève illimitée débutera lundi 19 janvier 2026.
Une situation devenue « insupportable »
Ce mardi 13 janvier, 23 soignants des urgences adultes, accompagnés du syndicat Force Ouvrière (FO), se sont rendus à la direction générale du CHU d’Angers. Depuis plusieurs mois, ils alertent sur le manque chronique de lits d’hospitalisation et sur des conditions de travail et d’accueil jugées indignes.
Le week-end dernier, un seuil supplémentaire a été franchi : des patients ont été hospitalisés dans un couloir de passage.
« Nos collègues font part de situations de mise en danger des patients et de conditions de travail jamais vues jusqu’à maintenant », dénonce FO.
Ces constats font écho aux alertes lancées par le syndicat SUD, qui décrivait déjà des patients installés dans les couloirs, les zones de surveillance saturées et le patio transformé en espace de soins de fortune, sans équipements adaptés.
Le manque de lits au cœur de la crise
Pour tenter de faire face à l’engorgement, la direction du CHU a annoncé la déprogrammation de certaines interventions chirurgicales afin de libérer des lits. Une solution jugée largement insuffisante par les syndicats.
« Cette réponse ne permettra de réguler la situation que sur une courte période et se fait une nouvelle fois au détriment de patients qui ont besoin de soins ou d’une chirurgie », estime Force Ouvrière.
Les soignants rappellent qu’un service de dix lits est actuellement disponible mais fermé dans l’attente de travaux. Selon eux, ces lits pourraient être immédiatement ouverts et “armés” en personnel pour accueillir des patients, une option refusée à ce stade par la direction.
Des patients bloqués aux urgences, notamment en psychiatrie
Autre point noir régulièrement dénoncé : la présence prolongée de patients en attente d’une hospitalisation, notamment en psychiatrie. Certains passent plusieurs jours aux urgences, dans des conditions inadaptées.
Les syndicats réclament notamment la création d’un poste d’aide-soignant 24h/24 et 7j/7 dans l’une des unités afin d’assurer un suivi digne et sécurisé de ces patients.
« Les équipes sont épuisées physiquement et psychologiquement. On ne peut plus travailler dans ces conditions », alertent les représentants du personnel.
Une crise structurelle ancienne
Force Ouvrière rappelle qu’en 2018, dans le cadre d’un plan d’économies demandé par l’Agence régionale de santé, plus de 100 lits ouverts 7 jours sur 7 ont été supprimés ou transformés en lits d’hospitalisation de jour ou de semaine. Une décision qui limite aujourd’hui fortement les capacités de sortie des urgences vers les services d’aval.
Dans ce contexte déjà tendu, la direction prévoit la fermeture de quatre lits supplémentaires dans une unité de post-urgences à partir du mois de mars, une annonce jugée « inacceptable » par les syndicats.
Une grève illimitée à partir du 19 janvier
À l’issue de la rencontre avec la direction générale, les soignants estiment que les annonces faites ne permettent pas d’améliorer durablement la situation. Ils ont donc décidé de se mettre en grève à compter du lundi 19 janvier 2026, pour une durée illimitée.