Maine-et-Loire

Urgences du CHU d’Angers : face à une situation critique, les soignants annoncent une grève illimitée

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Credit FO – Ce midi, 23 soignants du service avec FO sont montés à la direction générale, à l’issue d ’une rencontre, Un préavis de grève vient d ‘être déposé.

La crise aux urgences adultes du CHU d’Angers continue de susciter une vive inquiétude. Alors que les syndicats SUD et Force Ouvrière dénoncent une situation jugée « catastrophique » et annoncent une grève illimitée à partir du 19 janvier, la direction de l’établissement affirme de son côté avoir activé de nombreux leviers pour faire face à des tensions hospitalières exceptionnelles.

Une saturation dénoncée par les soignants

Depuis plusieurs semaines, les organisations syndicales alertent sur la dégradation rapide des conditions d’accueil des patients et de travail des équipes. Le week-end dernier, des patients ont été installés dans des couloirs de passage, tandis que les zones de surveillance et les espaces d’hospitalisation temporaire affichaient complet. Le patio des urgences, pourtant non conçu comme une zone de soins, a été utilisé pour accueillir des patients allongés.

Pour Force Ouvrière, un cap a été franchi.

« Nos collègues font part de situations de mise en danger des patients et de conditions de travail jamais vues jusqu’à maintenant », alerte le syndicat.

Le manque de lits d’hospitalisation est au cœur de la mobilisation. Selon les représentants du personnel, certains patients, notamment en attente d’une prise en charge en psychiatrie, restent plusieurs jours aux urgences, dans des conditions inadaptées. Les soignants dénoncent également l’épuisement physique et psychologique des équipes, confrontées à une pression constante.

Une mobilisation qui se transforme en grève

Ce mardi 13 janvier, 23 soignants accompagnés du syndicat FO ont été reçus par la direction générale du CHU. À l’issue de cette rencontre, les annonces faites ont été jugées insuffisantes pour répondre durablement à la crise.

« Une nouvelle fois, ce sont des solutions court-termistes qui sont avancées, souvent au détriment d’autres patients qui ont besoin de soins ou d’une chirurgie », estime FO.

Les soignants ont donc décidé de déposer un préavis de grève à compter du lundi 19 janvier 2026, pour une durée illimitée, afin d’obtenir des engagements concrets sur l’ouverture de lits d’aval et le renforcement des effectifs, notamment par la création d’un poste d’aide-soignant en continu dans l’une des unités des urgences.

La direction évoque un contexte épidémique exceptionnel

Dans un communiqué, la direction du CHU d’Angers reconnaît une situation de fortes tensions, qu’elle relie à l’intensité des épidémies hivernales et à une capacité d’hospitalisation réduite à l’échelle du territoire. Elle souligne que près d’un quart des patients accueillis aux urgences adultes ont 75 ans ou plus, avec des besoins d’hospitalisation souvent longs, notamment en médecine gériatrique et en psychiatrie.

Le CHU rappelle avoir activé, dès le 5 janvier, le premier niveau du plan de gestion des tensions hospitalières. Une cellule de crise se réunit quotidiennement afin d’adapter l’organisation et d’optimiser l’ordonnancement des lits.

« Tous les lits disponibles immédiatement au CHU sont désormais ouverts », assure la direction, qui insiste sur une mobilisation générale des équipes hospitalières.

Renforts, déprogrammations et réorganisation des lits

Selon la direction, des renforts paramédicaux ont été déployés de jour comme de nuit aux urgences adultes. Certaines unités ont été réorganisées, avec la transformation temporaire de lits de chirurgie en lits d’hospitalisation post-urgences et l’ouverture en continu de lits habituellement réservés à l’hospitalisation de semaine.

Des déprogrammations ciblées d’interventions non urgentes et non cancéreuses ont également été mises en place afin de libérer des capacités d’accueil pour les patients les plus fragiles. Une mesure qui, selon le CHU, doit rester temporaire et faire l’objet d’une réévaluation régulière.

La direction justifie également l’utilisation ponctuelle du patio des urgences, expliquant qu’en période de tensions majeures, cet espace peut être mobilisé, sous surveillance renforcée, dans l’attente d’une fluidification des admissions vers les services d’aval.

Des dispositifs spécifiques déjà en place

Face aux critiques sur la prise en charge des patients âgés et psychiatriques, le CHU met en avant plusieurs dispositifs existants, comme l’unité post-urgences gériatrique, une unité de transition baptisée « Passerelle » ou encore les unités psychiatriques dédiées aux urgences, ouvertes ces dernières années. Des structures qui, selon la direction, ont permis d’améliorer les parcours de soins mais qui restent soumises à une forte pression en période de pic épidémique.

Une crise structurelle toujours en débat

Les syndicats, eux, rappellent que la situation actuelle s’inscrit dans une crise plus ancienne, marquée par la suppression de plus de 100 lits depuis 2018 dans le cadre de plans d’économies successifs. Ils dénoncent également l’annonce récente de fermetures de lits en post-urgences, jugée incompréhensible dans le contexte actuel.

Alors qu’une nouvelle rencontre doit être proposée rapidement aux représentants du personnel, la mobilisation sociale s’annonce comme un nouveau test pour un hôpital déjà sous tension. En attendant, la direction appelle la population à ne pas renoncer aux soins et assure que l’activité hospitalière est maintenue.

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