Angers

Fabrice Luchini a enflammé la soirée d’inauguration de la 38ème édition de Premier Plan

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Fabrice Luchini est venue faire le show lors de la soirée d’inauguration de Premier Plan / Crédit: Angers Info / Mathéo Durigneux

L’acteur français Fabrice Luchini était présent à Angers hier soir pour présenter son dernier film « Victor comme tout le monde ». Une présence remarquée et remarquable pour une intervention débordante d’énergie.

« Je déclare la trente huitième édition de Premier Plan ouverte ! » déclarait hier soir le président du festival, Jérôme Clément. Avant cela, les discours ont fusés. Christophe Béchu, Gaëtan Bruel le président du CNC, et voilà que Claude Eric Poirou arrive sur scène. Les spectateurs offrent durant son discours un hommage bien mérité à Xavier Massé, secrétaire générale de Premier Plan pendant 37 ans, le temps de donner à un autre homme le temps de souffler avant de basculer dans la lumière. Tout à coup, les projecteurs se braquent sur lui, c’est au tour de Fabrice Luchini de rentrer en scène.
L’acteur paraît étrangement épais, et pour cause celui si c’est amusé à mettre une flopée de manteau. De quoi bien nous mettre un avant goût en bouche de la folie théâtrale de Luchini.

Un film « sans argent »
Luchini a d’abord tenu à préciser la nature de son projet. Il n’est absolument pas question pour lui de tomber dans le piège du biopic classique de Victor Hugo, un genre qui l’ennuie profondément. « Moi le biopic c’est pas mon truc, je ne dis pas que c’est pas bien, ça m’ennuie de faire semblant d’être des personnages historiques […] il faut qu’il livre une barbe, t’es un gourmand, j’ai dit non. », précise l’acteur.
Le film joue alors sur une mise en abyme. Luchini y incarne un acteur « Robert Zucchini » qui doit jouer Hugo, un nome qui vous l’imaginez bien n’a rien d’un hasard. Un projet risqué que le système n’a pas voulu soutenir « Personne n’a voulu nous suivre sur ce film, ils ont dit « nous on veut des comédies carrées ». » révèle Luchini qui a financé le film à hauteur de 50 % :« Pour la première fois de ma vie j’ai mis la main à la poche. On a fait un film extrêmement modeste et vous allez voir, et pourtant on ne dirait pas que c’est un film qui a été fait sans argent. » .


De l’apprenti coiffeur au génie de la langue
Comme souvent, l’acteur est revenu sur son parcours miraculeux, rappelant qu’il n’était pas prédestiné aux grands textes. Il évoque avec émotion son passé de « garçon coiffeur à 14 ans » et sa phobie de l’école avant la révélation eu grâce au professeur d’art dramatique qu’il rencontre à l’époque. « J’ai eu l’accès au chef-d’œuvre, au génie de notre langue. C’est-à-dire, il m’a fait comprendre le travail que demandait Molière, Corneille, Racine… » explique Luchini.
Pour l’acteur, la technique du « cinéma réaliste » ne suffit pas pour affronter la littérature. Il se souvient d’ailleurs d’une prédiction cruelle de son premier agent, également celui de Depardieu, qui lui avait asséné des mots très crus. « Vous ne réussirez jamais, parce que vous n’êtes pas sexy. Vous n’aurez jamais de succès. Les femmes ne vous aiment pas. », forcez de constaté qu’il a eu tord et tout comme Luchini, on s’en réjouit.


Le respect du spectateur et l’ode à Angers
Fabrice Luchini a partagé sa vision du métier, taclant à sa manière les acteurs qui s’épanchent sur leur bonheur personnel lors des tournages. « Tous les mecs parlent d’eux, ils disent qu’ils auraient été heureux sur le plateau. Je leur dis qu’on n’en a rien à foutre, que tu sois heureux. Ce qu’on a besoin, c’est que le spectateur soit heureux. » affirme l’acteur. Il conclu par une déclaration d’amour vibrante à la ville d’Angers, sans épargner la voisine nantaise.« Angers pour moi, c’est le bien. Angers c’est le savoir-vivre. Nantes est remplie de problèmes, alors qu’Angers est conciliée. » s’exclame Luchini. Il qualifie finalement son film de « petit trésor » bouleversant, espérant que le public angevin, ce public du « savoir-vivre », saura l’accueillir comme il se doit.

Le film lui n’a rien de vraiment très original. Luchini se met en scène lui même nous faisant bien comprendre qu’il s’agit de son film. Si cela peut séduire, cette présence cache surtout la facilité du scénario et de la mise en scène qui empêche le film de décoller vraiment. Si l’on attend tout le long que l’œuvre se détache un temps soit peu de son côté académique pour embrasser l’unique, il n’en est rien. Un film léger, sans vraiment de prise de tête, qui assume peut être trop son rapport à la littérature et l’amour de la théâtralité de son acteur principal. Victor comme tout le monde a sans doute ravi les fans de Luchini, sans s’offrir le luxe de l’unanimité.

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