Vienne

L’IGPN pointe des défaillances policières dans le dossier du féminicide d’Ines à Poitiers

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Des défaillances ont été identifiés dans le dossier du féminicide d’Inès à Poitiers / Crédit DIPN49

L’IGPN pointe des défaillances policières dans le dossier du féminicide d’Ines à PoitiersPrès de six mois après le drame qui a coûté la vie à la jeune Ines Mecellem dans la Vienne, l’enquête administrative livre ses premières conclusions accablantes. D’après les révélations faites ce lundi, la police des polices a identifié plusieurs erreurs d’appréciation dans la gestion du suspect, bien que la qualification pénale de mise en danger délibérée soit pour l’instant écartée.

Une succession d’erreurs administratives
Le rapport de l’Inspection générale de la police nationale met en lumière les circonstances troubles ayant précédé le meurtre survenu le 8 septembre 2025. L’enquête interne révèle que le suspect, toujours en fuite à ce jour, avait été interpellé peu avant les faits mais remis en liberté sans que le parquet ne soit avisé. Il apparaît que le fonctionnaire de police en charge du dossier n’aurait pas consulté l’intégralité des fichiers informatiques disponibles. Cette négligence a conduit à l’ignorance de plusieurs compléments de plainte déposés par la victime, alors même que l’agent avait connaissance du téléphone grave danger dont bénéficiait la jeune femme. Pour l’instance de contrôle, ces manquements relèvent de la faute disciplinaire mais ne constitueraient pas une infraction pénale intentionnelle.

La famille envisage des poursuites
Si le rapport écarte la responsabilité pénale directe des forces de l’ordre en estimant qu’une garde à vue n’aurait pas nécessairement empêché le passage à l’acte, l’avocate de la famille ne partage pas cette lecture. La défense considère que ces agissements dépassent le cadre de la simple négligence et pourraient s’apparenter à une mise en danger de la vie d’autrui. Tout en saluant la reconnaissance officielle des dysfonctionnements, l’entourage de la victime se réserve le droit de se constituer partie civile pour forcer la tenue d’un procès si le parquet décidait de ne pas poursuivre les policiers incriminés.

L’attente des décisions judiciaires
Ce dossier sensible est désormais entre les mains de la justice locale. Le parquet de Poitiers devra analyser minutieusement les conclusions de l’IGPN avant de déterminer les suites à donner à cette affaire sur le plan pénal. En parallèle, les investigations se poursuivent également du côté de l’Inspection générale de la justice, saisie en même temps que l’IGPN par le ministère de l’Intérieur après le drame. Cette double procédure vise à faire toute la lumière sur la chaîne de responsabilités ayant conduit à ce féminicide, alors que l’auteur présumé reste introuvable.

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