Grand Ouest
Des moyens pour le nettoyage des toilettes et pour la gestion des poubelles, des repas froids pour les patients : « les propositions indécentes de la direction » selon les syndicats du CHU d’Angers !
Après dix jours de grève aux urgences adultes du CHU d’Angers, la direction a présenté ce matin un protocole de sortie de conflit. Loin d’apaiser la situation, ce document a provoqué une vive colère chez les soignants, qui dénoncent des propositions sans réponse réelle à la crise structurelle que traverse le service.
Des réponses jugées hors sujet face à la crise des urgences
Selon le syndicat SUD Santé, le protocole présenté n’apporte aucune avancée concrète et durable sur les deux revendications centrales portées par les personnels. Les soignants dénoncent des annonces qui ne répondent ni aux besoins des patients, ni à l’épuisement des équipes.
La direction propose notamment la mise en place de « collations froides et prêtes à l’emploi » pour les patients contraints d’attendre parfois plusieurs jours dans les couloirs des urgences. Elle évoque également un renfort logistique pour la collecte des déchets, du linge sale ainsi qu’un renfort pour le nettoyage des sanitaires. Des mesures que les grévistes jugent totalement déconnectées de la réalité du terrain.
Des moyens temporaires qui fragilisent encore les équipes
Le protocole prévoit par ailleurs un renfort temporaire d’aides-soignants dans le cadre du dispositif « hôpital en tension ». Pour les syndicats, ces moyens non pérennes sont pris sur les effectifs de remplacement, ce qui risque d’aggraver les difficultés à couvrir les absences liées aux arrêts de travail.
Du côté de la psychiatrie, la direction propose d’informer quotidiennement les établissements concernés et l’Agence régionale de santé lorsque le seuil de sept patients en attente est atteint. Une mesure déjà en place depuis plusieurs mois, selon la direction elle-même, et dont l’inefficacité est aujourd’hui largement constatée par les professionnels.
Ouverture de lits : un recul partiel de la direction
Sous la pression de la mobilisation, la direction a été contrainte d’ouvrir dix lits d’hospitalisation temporairement, alors qu’elle s’y refusait au début de la grève. Toutefois, le protocole prévoit également que certains services d’hospitalisation de semaine puissent être transformés, en cas de tension, en unités d’hospitalisation conventionnelle.
Pour les soignants, cette mesure entérine une désorganisation durable des services d’aval, sans moyens supplémentaires. D’autant plus que la notion même de « tension » n’est jamais clairement définie par la direction. Aux urgences, les équipes estiment que cette tension est permanente et non exceptionnelle.
Une assemblée générale et une montée à la direction générale
Une assemblée générale s’est tenue à 13 h 45. Les grévistes y ont rejeté à l’unanimité le protocole proposé, estimant qu’il ne répond en rien à une situation qui dure depuis des mois. Dans la foulée, une trentaine de collègues se sont rendus à la direction générale afin d’exiger d’être reçus.
Un échange a finalement eu lieu avec la direction générale. Les soignants ont réaffirmé leur profonde colère, mais aussi leur détermination à ne rien céder, au nom de la sécurité des prises en charge des patients et de l’amélioration de leurs conditions de travail.
La grève se poursuit, un nouveau préavis déposé
Face à l’absence de propositions jugées sérieuses, les grévistes ont décidé de poursuivre le mouvement. Un nouveau préavis de grève a été déposé par les deux organisations syndicales.
Les revendications restent inchangées : l’ouverture de lits d’hospitalisation en nombre, tout au long de l’année, et la création d’un poste d’aide-soignant en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Pour les soignants, le protocole présenté n’a fait que renforcer leur détermination à obtenir des réponses à la hauteur de l’urgence de la situation.