Maine-et-Loire
Mobilisation policière : la préfecture de Maine-et-Loire temporise et annonce une rencontre avec les syndicats
Alors qu’un appel à la mobilisation citoyenne est lancé pour le samedi 31 janvier 2026 devant l’Hôtel de Police de Nantes, la préfecture de Maine-et-Loire a réagi. Pour l’État, cette initiative s’inscrit avant tout dans un cadre national et appelle des réponses qui dépassent l’échelon départemental.
Selon le directeur de cabinet du préfet de Maine-et-Loire, il s’agit « d’un appel national du syndicat Alliance, relayé au niveau du département et appelant à des réponses nationales ». Une précision qui vise à replacer la contestation dans un contexte plus large, alors que les représentants syndicaux décrivent une situation locale de plus en plus tendue sur le terrain.
Une rencontre annoncée avec Alliance Police Nationale
La préfecture indique également que le préfet rencontrera la semaine prochaine les représentants du syndicat Alliance Police Nationale. Cette entrevue interviendra après une première réunion organisée il y a quelques jours avec le syndicat Unité. « L’entretien permettra d’aborder les différents sujets portés localement », précise le directeur de cabinet.
Une annonce accueillie avec prudence par les représentants syndicaux, qui dénoncent depuis plusieurs mois un manque de moyens humains et matériels dans les circonscriptions d’Angers, Cholet et Saumur.
Des difficultés locales bien identifiées
Sur le terrain, les constats restent alarmants. À Angers, les véhicules de la Brigade anticriminalité (BAC) affichent des kilométrages élevés : jusqu’à 215 000 kilomètres pour l’un d’entre eux. Le dernier véhicule neuf livré date de 2017, tandis que les pannes se multiplient. Une situation jugée préoccupante pour la sécurité des policiers eux-mêmes.
À Cholet, la BAC n’est parfois pas déployée une nuit sur trois, dans une circonscription de plus de 60 000 habitants. Lorsqu’elle patrouille, elle le fait parfois avec seulement deux policiers. Le seul véhicule disponible, mis en service en 2019, a déjà dépassé les 200 000 kilomètres.
Enquêteurs débordés et procédures en attente
Les services d’investigation ne sont pas épargnés. À Angers, Cholet et Saumur, certains enquêteurs gèrent plus de 300 dossiers simultanément. Entre lourdeurs administratives, logiciels inadaptés et réseaux informatiques défaillants, les policiers parlent d’un système à bout de souffle. Et, derrière chaque procédure, des victimes attendent parfois des mois, voire des années, une réponse judiciaire.
Un déficit d’effectifs devenu structurel
Le manque d’effectifs touche désormais toutes les filières. À Cholet et Saumur, assurer une patrouille de nuit devient parfois impossible. À Angers, les effectifs dédiés au maintien de l’ordre ont quasiment été divisés par deux en dix ans. Les unités motocyclistes et canines ont vu leurs effectifs fondre, tandis que les services de renseignement, de plus en plus sollicités, peinent à recruter.
Entre réponses nationales et attentes locales
Si la préfecture rappelle que les réponses relèvent en grande partie du niveau national, les policiers, eux, insistent sur l’urgence de la situation locale. « Les agents sont épuisés, la colère est légitime », souligne Jérôme Hanarte, secrétaire départemental Alliance Police Nationale en Maine-et-Loire, qui appelle policiers et citoyens à se mobiliser ensemble.
La rencontre annoncée avec le préfet permettra-t-elle de faire émerger des solutions concrètes ? En attendant, la mobilisation du 31 janvier 2026 reste maintenue, symbole d’un malaise profond entre attentes du terrain et réponses institutionnelles.