Sarthe

Piéton centenaire renversé à La Chapelle-Huon : six mois avec sursis pour l’automobiliste

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Dr : Un automobiliste de 52 ans a écopé de six mois de prison avec sursis après avoir renversé un piéton de 103 ans à La Chapelle-Huon, l’accident ayant été requalifié en blessures involontaires faute de lien direct établi avec le décès survenu 55 jours plus tard

Le tribunal correctionnel du Le Mans a rendu sa décision ce jeudi 5 février 2026 dans une affaire particulièrement sensible. Un conducteur de 52 ans, poursuivi après avoir percuté un piéton de 103 ans à La Chapelle-Huon en septembre 2023, a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis.

Initialement jugé pour « homicide involontaire », le prévenu a finalement vu les faits requalifiés en « blessures involontaires ». En cause : l’absence de lien de causalité directe clairement établi entre l’accident et la mort de la victime, intervenue 55 jours plus tard.

« Je l’ai vu trop tard »

Selon France Bleu, les faits remontent au dimanche 3 septembre 2023. Ce matin-là, Philippe, ouvrier agricole, circule sur une route départementale qu’il emprunte quotidiennement. Bernard, 103 ans, traverse alors la chaussée.
À la barre, le conducteur livre sa version : « Je l’ai vu trop tard, je pensais qu’en klaxonnant il allait rester sur le côté et que j’allais passer à gauche. » Mais le centenaire accélère. La voiture freine, laisse une trace de dérapage sur une vingtaine de mètres, puis heurte le piéton.
Le conducteur s’arrête immédiatement, appelle les secours et se soumet aux contrôles, tous négatifs. L’enquête établira qu’il roulait à la vitesse autorisée. Bernard est transporté en urgence au CHU avec une fracture de la jambe gauche.

Un homme encore très actif

À 103 ans, Bernard conservait une forme remarquable. Ses filles, Claudia et Anny, l’ont rappelé à l’audience : « Il marchait beaucoup encore pour son âge, il faisait son potager, il maniait la motobineuse. » Et d’ajouter : « Et tous les jours il faisait sa marche. »
Hospitalisé après l’accident, le centenaire est opéré, puis voit son état se dégrader progressivement. Fin septembre, il est testé positif au Covid-19. Il décède le 28 octobre 2023.
Le « phénomène de glissement » au cœur des débats
Pour la famille, l’accident est l’élément déclencheur. « La source, c’est l’accident, puis la faiblesse qui a suivi derrière », explique Anny. Les médecins évoquent un « phénomène de glissement ».
Mais juridiquement, la question du lien direct entre le choc et le décès reste complexe. Me Godard, avocat des parties civiles, l’a résumé ainsi : « Son décès est intervenu 55 jours après l’accident, et ce lien de causalité direct n’est pas caractérisé car il y a un faisceau d’éléments qui ont contribué à son décès. »
Le parquet a lui-même reconnu la difficulté du dossier. « Cela ne permet pas de retenir un homicide involontaire », a indiqué le procureur, tout en rappelant que le prévenu avait immédiatement prévenu les secours.

Six mois avec sursis, indemnisation à venir

Suivant les réquisitions, le tribunal a condamné l’automobiliste à six mois de prison avec sursis pour blessures involontaires.
La question des dommages et intérêts pour les parties civiles sera examinée lors d’une audience ultérieure, fixée au 10 novembre.

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