Angers
« Des conditions indignes » : les grévistes des urgences du CHU d’Angers interpellent Christophe Béchu
Le conflit social qui couve au centre hospitalier universitaire d’Angers franchit une nouvelle étape symbolique. Selon une lettre ouverte diffusé le vendredi 6 février 2026, le personnel soignant des urgences, en grève depuis le 19 janvier, a décidé d’interpeller directement le maire d’Angers et président du conseil de surveillance du CHU pour dénoncer une dégradation sans précédent de la prise en charge des patients.
Des patients contraints de dormir plusieurs jours dans les couloirs
Le constat dressé par les agents hospitaliers est alarmant. Dans leur missive, les grévistes affirment que le service reçoit chaque année l’équivalent de 15 % de la population d’Angers Loire Métropole, un flux que les infrastructures actuelles ne permettent plus d’absorber décemment. Les soignants alertent sur des situations extrêmes où des patients attendraient parfois « plus de dix jours » dans les couloirs de l’établissement. Chaque nuit, des malades seraient contraints de dormir dans des zones de passage sans chauffage, une situation qualifiée d’indigne par le personnel qui estime ne plus pouvoir garantir la sécurité des soins.
Le bras de fer se durcit après la fermeture de lits temporaires
Le dialogue semble être dans l’impasse entre les équipes de terrain et la direction de l’hôpital. Les grévistes ne cachent pas leur incompréhension après l’annonce, le 3 février dernier, de la fermeture de dix lits qui avaient été rouverts quelques jours plus tôt pour faire face à l’afflux. Pour sortir de cette crise, les agents réclament l’ouverture de lits d’aval pérennes et la création d’un poste d’aide-soignant supplémentaire disponible 24 h/24. Ils pointent également du doigt des « événements tragiques » survenus récemment, illustrant selon eux la rupture de sécurité sanitaire au sein du service.
Un appel à manifester devant la mairie le 14 février
En s’adressant à Christophe Béchu, les soignants entendent placer l’édile face à ses responsabilités de garant de la qualité de l’accueil de la population angevine. Ils demandent une rencontre d’urgence sur le site du CHU pour trouver des solutions immédiates. En l’absence de réponse jugée satisfaisante de la part des autorités de santé, le mouvement de grève appelle désormais la population et l’ensemble du corps médical à se mobiliser. Une manifestation est officiellement programmée le samedi 14 février à 10 h 30 devant la mairie d’Angers pour défendre l’accès aux soins et l’hôpital public.