Manche

Le procès en appel du « ninja de Tourlaville » s’ouvre cette semaine devant les assises de Caen

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L’homme qui avait blessé deux policiers avec un sabre est rejugé dans deux jours par la cour d’assises d’appel du Calvados / DR

L’une des affaires les plus spectaculaires de la décennie dans le Cotentin revient devant la justice pour un second acte très attendu. Selon les informations rapportées par La Presse de la Manche, l’homme qui avait grièvement blessé deux policières avec un sabre en 2021 sera rejugé par la cour d’assises d’appel du Calvados du 11 au 13 février 2026. Condamné à vingt ans de réclusion criminelle en première instance, l’accusé conteste la lourdeur d’un verdict qu’il juge disproportionné au regard de son état psychiatrique au moment des faits.

Une agression d’une violence inouïe au cœur d’une station-service

Le souvenir du 2 décembre 2021 reste gravé dans les mémoires à Cherbourg-en-Cotentin. Ce jour-là, un individu vêtu intégralement de noir avait semé la terreur, d’abord en menaçant une femme enceinte pour s’emparer de son véhicule, avant d’engager un combat acharné contre des policiers au centre commercial E.Leclerc. Armé d’un sabre, l’assaillant avait visé la tête des fonctionnaires avec une détermination effrayante. Deux policières avaient été grièvement atteintes, l’une d’elles n’ayant dû son salut qu’à l’intervention d’un troisième agent qui avait fait usage de son arme de service pour neutraliser le forcené.

Le débat sur le discernement au centre des audiences

En mars 2025, la cour d’assises de la Manche avait retenu la préméditation, tout en concédant une altération du discernement de l’accusé. Pour la défense, cette peine de vingt ans ne tient pas suffisamment compte du profil psychologique de l’homme, décrit comme ayant basculé dans une « bouffée délirante » provoquée par un isolement social profond et une consommation de produits stupéfiants. Les avocats du « ninja » entendent démontrer que son geste était celui d’un homme en pleine dérive mentale plutôt que celui d’un criminel froid et méthodique.

Trois jours pour trancher entre folie et volonté de tuer

Le procès de Caen devra à nouveau confronter les expertises psychiatriques aux témoignages poignants des victimes qui affirment, aujourd’hui encore, avoir cru mourir sous les coups de sabre. Les jurés calvadosiens devront déterminer si la dangerosité de l’individu justifie son maintien prolongé derrière les barreaux ou si une prise en charge médicale prépondérante doit être privilégiée. Le verdict, attendu vendredi soir, marquera l’épilogue judiciaire de ce dossier qui avait suscité une vive émotion nationale et relancé le débat sur la protection des forces de l’ordre.

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