Grand Ouest

Drame de Crans-Montana : l’Angevine brûlée à 40 % sort du silence

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Plus d’un mois après le drame survenu dans une discothèque de Crans-Montana, en Suisse, la voix d’une victime angevine se fait enfin entendre. Mélanie, gravement brûlée lors de l’incendie survenu dans la nuit du 1er janvier, a choisi de publier une lettre ouverte pour raconter l’après. Un après fait de douleur, de soins lourds, de bouleversements irréversibles.

Cette nuit-là, Mélanie n’a pas sauté une rambarde par bravoure, mais par nécessité. « Le feu était plus fort que la peur », écrit-elle. Rester aurait signifié mourir. Ce geste lui a sauvé la vie, mais l’a plongée dans un combat dont elle mesure aujourd’hui l’ampleur.

Son corps est brûlé à près de 40 %. Depuis, elle ne vit plus, elle survit. Tous les deux jours, les pansements ravivent une douleur constante, envahissante, qui ne disparaît jamais vraiment. « Mon corps est devenu un champ de bataille », confie-t-elle. Mais au-delà des blessures physiques, c’est aussi une identité qui vacille.

Son visage ne sera plus jamais le même. Celui qu’elle reconnaissait dans le miroir n’existe plus, pas plus que celui que sa fille connaissait. Une perte intime, silencieuse, difficilement compréhensible pour ceux qui ne la vivent pas. « Ma peau portera à vie la mémoire de cette nuit. Et mon esprit aussi. »

Prise en charge médicalement à Zurich, Mélanie a ensuite été transférée à Nantes, où se concentrent aujourd’hui ses soins. Loin de l’Anjou, loin de sa vie quotidienne, et surtout loin de sa fille, qu’elle ne peut pas serrer dans ses bras lorsque la douleur devient insupportable.

Dans sa lettre, Mélanie insiste sur un point essentiel : il ne s’agit pas d’une guérison, mais d’une transformation imposée. Son corps ne redeviendra jamais celui d’avant. Son visage ne retrouvera jamais ses traits. Pendant qu’elle subit des interventions lourdes et réapprend à habiter un corps profondément abîmé, d’autres continuent de vivre normalement.

Elle interroge alors la notion de justice. Où est-elle lorsque la victime porte à vie des marques visibles et invisibles, tandis que les responsabilités semblent floues et silencieuses ? Où est-elle lorsque l’on parle d’un drame, mais que l’on détourne le regard de ses conséquences humaines ?

Mélanie précise ne pas écrire par vengeance. Elle écrit parce que le silence est, selon ses mots, « une deuxième brûlure ». Parce que l’oubli est insupportable quand on vit avec des cicatrices permanentes. Et parce que survivre ne devrait jamais signifier se taire.

À travers cette prise de parole, réalisée avec l’accompagnement juridique de son avocate, Maître Sylvie Noachovitch, l’Angevine souhaite rappeler qu’au-delà d’un fait divers, il y a des corps mutilés, des identités bouleversées, et des mères séparées de leurs enfants.

« Je suis Mélanie. Je suis vivante. Mais je vis désormais dans un corps et un visage qui ne seront plus jamais les mêmes. » Tant que cette réalité ne sera pas pleinement reconnue, sa douleur, dit-elle, ne sera pas seulement médicale. Elle restera profondément humaine.

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