
La bataille pour le contrôle du Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) d’Angoulême franchit une nouvelle étape, cette fois sur le terrain judiciaire. Entre demandes d’indemnités massives et plaintes pour diffamation, l’après-édition 2026 laisse place à un déballage juridique sans précédent, comme le rapporte la Charente Libre.
Franck Bondoux réclame 300 000 euros
L’organisateur historique, Franck Bondoux, patron de la société 9e Art+, ne compte pas quitter la scène sans combattre. Évincé en 2026 dans un climat de boycott généralisé, il assigne l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA) — qui regroupe les financeurs publics et les professionnels — devant la justice.
Ses revendications sont claires : 300 000 euros de dommages et intérêts demandés à titre provisionnel (une somme qui pourrait être réévaluée à la hausse lors du procès), l’annulation de l’appel à projets lancé par les collectivités en janvier dernier pour choisir un nouvel organisateur pour 2027, et l’interdiction de tout acte d’organisation d’un événement alternatif, sous peine d’une astreinte de 1 000 euros par infraction constatée.
Pour Franck Bondoux, sa société demeure l’organisateur en droit jusqu’en 2027 inclus. Il dénonce une « appropriation brutale » du festival par les pouvoirs publics, qualifiant leur démarche de « parasitisme » et de « concurrence déloyale ».
Plainte contre le maire Xavier Bonnefont
Le conflit prend également une tournure personnelle et politique. L’association FIBD, détentrice historique des droits de l’événement depuis sa création en 1974, a annoncé déposer plainte contre le maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont.
En cause : des propos tenus par l’édile lors du conseil municipal du 3 décembre 2025. Ce dernier avait eu des mots très durs à l’égard de la présidente de l’association, Delphine Groux, l’accusant d’avoir « saboté » l’appel à projets et « foulé du pied » le processus de sélection en refusant certaines modalités de contrôle.
L’association estime que ces paroles ont « largement contribué à libérer, sur les réseaux sociaux, des commentaires injurieux, haineux et menaçants ». Pour les requérants, l’attitude du maire va à l’encontre de la mesure attendue de la part d’un représentant de la puissance publique.
Un avenir incertain pour le 9e Art
Ce déchirement entre les acteurs historiques (9e Art+, association FIBD) et les financeurs publics (État, Ville, Département) plonge l’avenir du festival dans le flou. Alors que l’assignation doit être examinée le 18 mars prochain au tribunal d’Angoulême, le risque d’un blocage total de l’organisation pour l’édition 2027 est désormais bien réel.
Le festival, fleuron culturel de la Charente, se retrouve aujourd’hui pris en étau entre procédures judiciaires et querelles d’égos, loin des bulles et des planches qui font habituellement sa renommée mondiale.