
Le tribunal correctionnel du Mans a jugé, lundi 9 mars 2026, un couple âgé de 26 et 28 ans poursuivi pour des violences commises sur plusieurs enfants entre décembre 2021 et juin 2025. Le beau-père et la mère de famille étaient accusés d’avoir infligé des coups et des mauvais traitements à deux des trois enfants du foyer.
Selon Ouest France, à la barre, le beau-père a reconnu certains faits. « C’est vrai que je lui ai tiré l’oreille à la sortie de l’école, que je lui ai dit que j’allais l’éclater et que c’était une tête de pine », a-t-il déclaré devant les juges.
Des signalements venus de l’école
L’affaire a débuté après un signalement transmis par une école maternelle du Mans, où était scolarisée une fillette de 4 ans. L’établissement s’inquiétait du comportement de l’enfant et de blessures constatées.
« Le corps enseignant évoque que l’enfant de 4 ans se coupe le bout des doigts avec des ciseaux et dit qu’elle a reçu une raclée », a rappelé la présidente du tribunal lors de l’audience.
D’autres témoignages ont ensuite été recueillis. Des proches du couple ont notamment indiqué avoir remarqué une importante marque rouge sur le visage d’un des enfants.
Coups et punitions décrits par les enfants
Au cours de l’enquête, les enquêteurs ont recueilli la parole des enfants. Plusieurs propos ont été rapportés à l’audience.
« Maman, elle nous donne de grandes tapes et ça nous fait du mal » ou encore « On me donne un coup de balai sur la tête », ont expliqué les enfants selon la procédure.
Les investigations évoquent également un épisode durant lequel l’un d’eux aurait reçu des coups dans le dos avant d’être placé dans un bain très chaud, puis contraint de rester longtemps à genoux dans un coin. Selon un témoignage, les enfants auraient aussi été laissés seuls, leurs portes bloquées par un balai.
Un médecin légiste a par ailleurs constaté des brûlures au deuxième degré liées à un coup de soleil. La mère a expliqué lors de l’audience : « Il a vu les autres enfants jouer dans la piscine et je n’étais pas apte, à ce moment-là, à gérer ça. Et parfois même à être maman ».
Des enfants placés et suivis par l’Aide sociale à l’enfance
Depuis les faits, les enfants ont été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance et placés dans une famille d’accueil. L’avocate représentant les enfants a décrit leur état lors de leur prise en charge.
« Quand on est venus les chercher, ils ont immédiatement mis leur valise dans le coffre de la voiture. Ce qui est assez exceptionnel », a-t-elle indiqué. Elle a ajouté : « Les enfants sont très abîmés, épuisés, d’une extrême agitation ».
Les enfants continuent néanmoins de voir leur mère certains week-ends. Le couple, lui, s’est séparé depuis les faits.
Des peines de prison prononcées
Le casier judiciaire du beau-père comportait déjà trois condamnations pour violences, dont deux sur conjoint et une en réunion. La mère avait quant à elle deux mentions pour vols.
À l’audience, le procureur a dénoncé des faits graves. « Être parent, c’est parfois difficile mais il y a des limites infranchissables. Ça n’existe pas une violence éducative. Ça ne doit plus exister », a-t-il déclaré.
Le tribunal a finalement condamné la mère à un an d’emprisonnement dont six mois avec sursis. Le beau-père a écopé de douze mois de prison dont six avec sursis, les trois mois fermes pouvant être exécutés sous bracelet électronique.