
À quatre jours du second tour, l’heure n’est plus aux nuances. Devant la presse, ce mercredi, Christophe Béchu a livré une intervention à la fois offensive et mobilisatrice, ultime prise de parole avant son grand meeting du soir et le face-à-face décisif avec Romain Laveau.
« Un choix simple entre deux modèles »
Fort de son score du premier tour, frôlant les 50 %, le maire sortant revendique une dynamique solide et une implantation homogène dans tous les quartiers. « Ce n’est pas commun d’être aussi proche de la victoire à ce stade », insiste-t-il, évoquant « une reconnaissance des Angevins » après douze années à la tête de la ville.
Face à lui, il cible directement son adversaire et sa vision : « Il y a un choix simple : entre ceux qui veulent qu’Angers reste Angers et ceux qui rêvent qu’elle devienne Nantes », lance-t-il, opposant son bilan local à ce qu’il décrit comme une inspiration extérieure de la gauche.
Bilan revendiqué et appel à amplifier
Réaménagement urbain, baisse du chômage, investissements culturels et sportifs : le candidat déroule un bilan qu’il juge équilibré, « sans opposer les quartiers entre eux ». Il met en avant une progression électorale homogène, y compris dans ses zones historiquement les moins favorables.
Mais malgré cette avance, le ton se veut prudent et mobilisateur : « Il y a un deuxième tour, et j’appelle les Angevins à nous donner la victoire la plus large possible », insiste-t-il, redoutant notamment les effets de l’abstention.
Attaques et mise en garde sur la fin de campagne
Dans une fin de campagne plus tendue, Christophe Béchu dénonce des méthodes qu’il juge contestables : tracts anonymes, attaques personnelles, climat qu’il estime délétère.
« On grandit par la démocratie, pas par les outrances », prévient-il, appelant ses adversaires à « retrouver un peu de dignité » à l’approche du scrutin.
Sans nommer directement chaque épisode, il évoque une « campagne de caniveau » et met en garde contre « une brutalité qui profite aux extrêmes ».
L’abstention, enjeu clé du second tour
Autre sujet de préoccupation : la participation. Dans une ville étudiante comme Angers, le maire sortant observe un désengagement partiel, qu’il attribue autant à un sentiment d’élection jouée d’avance qu’au contexte national et international.
« La démocratie s’use quand on ne l’utilise pas », rappelle-t-il, en appelant à une mobilisation massive dimanche.
Une campagne locale… et un message national
Enfin, Christophe Béchu insiste sur la nature du scrutin : une élection municipale, et non un vote national. Il souligne d’ailleurs le décalage entre les résultats locaux et les dynamiques politiques nationales, notamment la moindre progression des extrêmes à Angers.
Dans le même temps, il n’élude pas les enjeux plus larges, évoquant « une pente nationale préoccupante » marquée par la montée des radicalités.
Dernière ligne droite
À quelques heures de son meeting, le maire-candidat veut afficher sérénité et détermination. Entre bilan assumé, attaques ciblées et appel à la mobilisation, Christophe Béchu entre dans la dernière ligne droite avec un objectif clair : transformer son avance en victoire nette dimanche.
Le duel avec Romain Laveau s’annonce désormais sans filtre, dans une campagne qui aura progressivement quitté le terrain du consensus pour celui de l’affrontement politique assumé.