
La vague de chaleur qui frappe actuellement la Charente-Maritime fait craindre une forte dégradation des récoltes de blé. À un mois des moissons, plusieurs céréaliers redoutent des pertes importantes liées au manque d’eau et aux températures dépassant les 30 °C.
Des températures records pour un mois de mai
Selon France Bleu, le département se retrouve au cœur du dôme de chaleur installé au-dessus de la France depuis plusieurs jours.
Cette météo exceptionnellement chaude pour une fin mai intervient à un moment crucial pour les cultures céréalières, alors que les grains de blé arrivent à maturité.
Le principal danger identifié par les agriculteurs reste l’absence totale de précipitations.
Des récoltes menacées par le stress hydrique
Installé à Thairé, entre La Rochelle et Rochefort, le céréalier Yves Rouzeau observe avec inquiétude l’évolution de ses parcelles.
« Auparavant, on avait des grosses chaleurs mais derrière il arrivait un orage, qui permettait de radoucir la météo », explique-t-il.
Cette année, aucune pluie n’est annoncée à court terme.
« On est à sept kilomètres de la mer et on manque d’eau », constate l’agriculteur.
Un risque de déclassement du blé
Le manque d’eau pourrait empêcher le bon développement des grains.
« Parti comme c’est parti, le blé ne sera pas de bonne qualité », estime Yves Rouzeau, qui explique que les grains « vont finir tous petits » sous l’effet du stress hydrique.
Conséquence directe : une partie des récoltes pourrait perdre leur qualité destinée à l’alimentation humaine.
« On ne sera pas aux normes, on sera déclassé. Le blé sera en blé fourrager, au lieu d’être en blé meunier », précise-t-il.
Cette dévalorisation entraînerait une baisse importante des revenus pour les exploitations concernées.
Des pertes financières redoutées
Selon ce producteur installé depuis près de quarante ans en Charente-Maritime, les pertes pourraient atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.
L’agriculteur évoque même la possibilité d’un changement de modèle agricole dans les prochaines années face à la répétition des épisodes climatiques extrêmes.
« On va être obligé de changer de culture, on pourra peut-être plus faire du blé dans quelques années », confie-t-il.