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Des repreneurs pour Technicolor ?

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Angers – Le fonds d’investissement américain Vector Capital a lancé à son tour lundi une offensive pour monter au capital du groupe français en difficulté Technicolor, riche de brevets dans les domaines de l’image et du son, avec une offre qu’il dit supérieure à celle de la banque JPMorgan Chase.

Tous deux actionnaires minoritaires de l’ex-Thomson, Vector Capital et JPMorgan Chase, qui détiennent respectivement 0,6% et 1% du groupe, entendent renforcer leur participation via une augmentation de capital, afin de permettre l’application de son plan stratégique à l’horizon 2015.

Le fonds d’investissement, spécialisé dans le secteur des technologies, envisage de procéder à une augmentation de 17,5% du capital du groupe (au prix de 1,90 euro par action nouvelle), suivie d’une autre augmentation, avec maintien du droit préférentiel de souscription, représentant au maximum 18,5% du capital (au prix de 1,56 euro par action), le tout pour un montant allant jusqu’à 186 millions d’euros.

La banque propose pour sa part 1,60 euro pour une première tranche de recapitalisation et 1,56 euro pour une seconde, pour un total compris entre 147 et 158 millions d’euros.

« Les actionnaires existants sont beaucoup moins dilués dans l’offre de Vector Capital puisque ce sont 34% d’actions en moins qui sont émises par rapport à celle de JPMorgan Chase », a fait valoir une source proche du dossier.

Les deux candidats entendent, à l’issue de l’opération, devenir le premier actionnaire de Technicolor, avec une part pouvant atteindre près de 30% du capital, sans toutefois franchir ce seuil qui les obligerait à lancer une offre sur le solde.

En dévoilant son offre, le fonds américain a demandé aux actionnaires – qui se réunissent le 20 juin – de rejeter au préalable les diverses résolutions devant sceller l’accord annoncé début mai avec la banque américaine.

 

La proposition de Vector Capital a été bien accueillie à la Bourse de Paris: le titre de Technicolor a fini la séance de lundi en tête du SBF 120, bondissant de 8,86% à 1,52 euro, dans un marché qui a terminé en léger recul de 0,16%.

« L’offre de Vector est bien meilleure que celle de JPMorgan, ce qui est une très bonne chose alors que la santé de la société nous inquiète », a commenté un analyste parisien sous couvert d’anonymat.

Pour le groupe technologique, qui vient d’annoncer le dépôt de bilan de son dernier site français de production de décodeurs numériques à Angers, l’objectif est à la fois de se doter d’un actionnariat stable et de rembourser une partie de sa dette, qui s’élevait à 1,13 milliards d’euros fin 2011.

Lors de l’annonce de l’offre de la banque new-yorkaise, il avait ainsi indiqué vouloir y affecter 80% du produit net de l’opération, soit entre 118 et 126 millions d’euros.

L’entreprise, née de la scission des activités grand public de l’ancien groupe public Thomson, a été le champion français du téléviseur dans les années 1990, avant de se réorienter vers les technologies pour les médias et les services créateurs de contenu pour le cinéma et la télévision.

En 2011, elle a accusé une perte nette de plus de 300 millions d’euros, ce qui a conduit son directeur général Frédéric Rose a fixer une feuille de route financière à l’horizon 2015: un excédent brut d’exploitation (Ebitda) supérieur à 600 millions d’euros par an, un flux de trésorerie disponible supérieur à 400 millions, et une réduction de plus de moitié de la dette.Avec L’afp

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