CHU d’Angers : la crise du linge provoque la colère de SUD Santé, la direction assure un retour à la normale imminent

11/06/2026
0
Crédit : Angers Info

Les armoires vides dans les services, des tenues professionnelles introuvables et des patients confrontés à des pénuries de linge : la mise en route de la nouvelle blanchisserie inter-hospitalière du CHU d’Angers suscite de vives tensions. Face à la colère du syndicat SUD Santé, la direction reconnaît des difficultés temporaires mais assure que la situation est en voie d’amélioration.

« Les agents et les patients en slip, ça suffit ! » Le ton est donné. Dans un communiqué particulièrement offensif, le syndicat SUD Santé du CHU d’Angers dénonce une situation qu’il juge « inhumaine » au sein de l’établissement angevin depuis l’entrée en service de la nouvelle blanchisserie inter-hospitalière de Sainte-Gemmes-sur-Loire, le 1er juin dernier.

Selon l’organisation syndicale, les difficultés d’approvisionnement en linge touchent aussi bien les professionnels que les patients. SUD évoque des armoires de tenues professionnelles « désespérément vides », des agents contraints d’utiliser des blouses de patients pour travailler ou encore des serviettes de table employées comme serviettes de toilette. Les équipes de bionettoyage seraient même amenées à découper des gants jetables pour remplacer les textiles habituellement utilisés pour l’entretien.

Face à cette situation, le syndicat a déposé un droit d’alerte auprès de la direction du CHU afin d’obtenir des réponses rapides. « Les collègues refusent de travailler dans ces conditions sans hygiène et sans sécurité », affirme SUD Santé.

Une période de transition compliquée

La direction du Groupement de coopération sanitaire GIBA, qui exploite la nouvelle blanchisserie commune au CHU et au CESAME, ne conteste pas les difficultés rencontrées depuis la mise en service du nouvel équipement.

Dans un communiqué, elle reconnaît qu’« un volume important de linge reste actuellement en attente de traitement », notamment concernant les tenues professionnelles des hospitaliers et les textiles d’entretien utilisés dans les services.

Selon la direction, ces tensions trouvent leur origine dans les difficultés rencontrées par l’ancienne blanchisserie du CHU, mise en service en 1990 et définitivement arrêtée le 29 mai. Les nombreuses pannes survenues ces derniers mois auraient progressivement créé un retard important dans le traitement du linge, auquel se serait ajoutée la complexité de la bascule vers la nouvelle organisation logistique.

« Les équipes sont pleinement mobilisées pour résorber le linge actuellement en attente de traitement, avec un retour à la normale attendu dans les prochains jours », assure la direction.

Renforts et horaires élargis

Pour faire face à cette situation, plusieurs mesures exceptionnelles ont été mises en œuvre.

Depuis le 8 juin, la blanchisserie fonctionne temporairement en horaires élargis avec deux équipes se relayant de 6 heures à 20 heures. Vingt agents supplémentaires ont été recrutés en renfort afin d’accélérer la production.

La direction indique également avoir donné la priorité au traitement des tenues professionnelles du CHU. Près de 10 000 tenues auraient ainsi été traitées lors de la seule journée du 8 juin.

Dans les services de soins, des dotations supplémentaires en tenues à usage unique et en textiles d’entretien ont également été distribuées pour limiter les difficultés rencontrées par les équipes.

Un premier bilan dressé mardi se veut rassurant. Selon le GCS GIBA, toutes les références de linge étaient de nouveau disponibles et l’ensemble des transports de livraison ont quitté la blanchisserie à l’heure. La structure affirme avoir traité 16 tonnes de linge lundi, soit quatre tonnes de plus que son objectif quotidien.

La question sensible des effectifs

Le syndicat SUD Santé pointe également du doigt les conséquences sociales du projet. Il évoque la suppression de 15 équivalents temps plein dans le cadre de la création de cette nouvelle blanchisserie, dont le coût s’élève à près de 24 millions d’euros.

La direction réfute fermement cette accusation. Elle souligne que les effectifs cumulés des anciennes blanchisseries du CHU et du CESAME représentaient 73 équivalents temps plein et que la nouvelle structure fonctionne avec 56 ETP grâce à l’automatisation des équipements.

« Aucune suppression de poste n’est intervenue », affirme le GCS GIBA. Les réductions d’effectifs seraient liées à des départs à la retraite et à des reclassements vers d’autres services du CHU ou du CESAME pour les agents qui ne souhaitaient pas rejoindre le nouveau site.

Selon la direction, chaque salarié concerné a bénéficié d’un accompagnement personnalisé et les agents intégrant la nouvelle blanchisserie disposent désormais d’un statut de fonctionnaire ou d’un contrat à durée indéterminée.

Un investissement majeur pour les hôpitaux du Maine-et-Loire

Mise en service le 1er juin, la blanchisserie inter-hospitalière de Sainte-Gemmes-sur-Loire rassemble onze établissements de santé du Maine-et-Loire. Avec une capacité de traitement pouvant atteindre 15 tonnes de linge par jour, elle figure parmi les plus importantes structures hospitalières de ce type en France.

Le projet a été conçu autour de deux objectifs : améliorer les conditions de travail grâce à l’automatisation des tâches les plus pénibles et réduire l’impact environnemental de l’activité.

Alors que les organisations syndicales restent vigilantes, plusieurs réunions sont programmées dans les prochains jours entre la direction et les représentants du personnel afin de suivre l’évolution de la situation et de mesurer l’efficacité des mesures engagées.

Quitter la version mobile