CHU d’Angers : le manque de linge exaspère les soignants, SUD Santé dépose un droit d’alerte

À peine une semaine après l’ouverture de la nouvelle blanchisserie mutualisée du CHU d’Angers et du Cesame, le syndicat SUD Santé dénonce une situation « inhumaine » dans les services. Selon l’organisation syndicale, le manque de linge affecte aussi bien les professionnels que les patients.
Les armoires à tenues sont vides, les stocks de draps et de petit linge s’amenuisent et les agents multiplient les solutions de fortune. Au CHU d’Angers, la question du linge est devenue un sujet de préoccupation majeur pour les équipes hospitalières. Dans un communiqué diffusé ce lundi, le syndicat SUD Santé Sociaux du CHU d’Angers dénonce une situation devenue critique.
« Les agents et les patients en slip, ça suffit ! », lance le syndicat en ouverture de son communiqué. L’organisation affirme que les personnels sont aujourd’hui confrontés à des difficultés d’approvisionnement inédites, tant pour les tenues professionnelles que pour le linge destiné aux patients.
Des agents contraints de « bricoler »
Selon SUD Santé, les conséquences se font sentir dans de nombreux services. « Les armoires de tenues du personnel sont désespérément vides, obligeant les collègues à bricoler », écrit le syndicat, qui compare la situation aux débuts de la crise sanitaire du Covid-19, lorsque les soignants devaient parfois improviser leur matériel de protection.
Les tenues jetables utilisées en remplacement seraient particulièrement fragiles. « Les tenues en papier qu’elles mettent en substitution cassent facilement, les laissant en slip ! », affirme l’organisation syndicale.
Faute de mieux, certains agents utiliseraient même des blouses destinées aux patients pour travailler. Le syndicat évoque également des serviettes de table employées comme serviettes de toilette ou encore des agents de bionettoyage contraints de découper des gants de toilette jetables pour remplacer les chiffonnettes habituellement utilisées pour l’entretien.
« Chaque service court après les draps, le petit linge, mettant la tension entre les équipes », poursuit SUD Santé.
Une nouvelle blanchisserie déjà sous le feu des critiques
Ces difficultés surviennent alors que la nouvelle blanchisserie commune au CHU d’Angers et au Cesame a officiellement ouvert le 1er juin 2026 à Sainte-Gemmes-sur-Loire.
L’équipement, qui représente un investissement de 23 millions d’euros, avait été présenté par la direction comme un outil moderne destiné à améliorer les conditions de travail et à optimiser le traitement du linge hospitalier.
Mais le syndicat se montre particulièrement critique. « La Direction l’avait présentée comme un outil révolutionnaire pour la qualité de vie au travail des agents de la blanchisserie et pour la performance du traitement du linge. Mais à ce jour, où est parti le linge sale, puisque rien ne revient dans les services du CHU ? », s’interroge-t-il.
SUD Santé rappelle également que la création de cette nouvelle structure s’est accompagnée, selon lui, de la suppression de quinze équivalents temps plein.
Un droit d’alerte pour obtenir des réponses
Face à cette situation, le syndicat estime que les conditions de travail et d’hygiène ne sont plus acceptables.
« Ça suffit ! Les collègues refusent de travailler dans ces conditions inhumaines et sans hygiène ! », écrit l’organisation.
Afin d’obtenir des réponses rapides, SUD Santé annonce avoir déposé un droit d’alerte auprès de la direction du CHU. Le syndicat demande « des réponses concrètes et rapides afin de pallier à leur sécurité et à celle des patients ».
Au moment de la publication du communiqué, la direction du CHU d’Angers n’avait pas encore communiqué publiquement sur les difficultés signalées par le syndicat ni sur les éventuels dysfonctionnements liés à la montée en charge de la nouvelle blanchisserie.


