
La Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) lance une campagne de recrutement de personnel infirmier en Charente. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une réforme nationale des structures d’hébergement pour mineurs sous main de justice, qui évolueront dès l’automne prochain vers un modèle renforcé en matière d’accompagnement éducatif et de santé.
De la privation de liberté à l’autonomie éducative
Le Centre éducatif fermé (CEF) d’Angoulême, situé dans le quartier de Basseau, s’apprête à modifier en profondeur son mode de fonctionnement. À partir du 1er septembre 2026, ces établissements de la PJJ seront transformés en Unités Judiciaires à Priorité Éducative (UJPE). L’objectif de cette évolution est de passer d’une logique de privation de liberté à un parcours axé sur la responsabilisation, l’insertion et l’autonomie des jeunes accueillis.
D’après Ici La Rochelle, actuellement, la structure accueille une douzaine de mineurs placés sur décision de justice pour des séjours d’une durée maximale de six mois. L’accompagnement proposé y est global, associant prise en charge pédagogique, éducative et suivi médical rigoureux.
Un rôle infirmier axé sur la prévention et l’accès aux soins
Le métier d’infirmière au sein de la PJJ se distingue nettement de la pratique en milieu scolaire traditionnel. Au-delà des soins courants, la mission principale repose sur la prévention et l’éducation à la santé globale, incluant le bien-être physique et psychologique.
Laurence Sardin, infirmière au centre d’Angoulême depuis 2015, détaille le protocole mis en place dès l’arrivée d’un mineur :
- Le bilan infirmier initial : Un entretien individuel permettant d’échanger avec le jeune afin d’identifier ses besoins spécifiques en matière de santé.
- Le lien avec les familles : Un point régulier avec l’entourage familial pour définir les attentes et assurer une continuité dans la prise en charge.
- Le développement de l’autonomie : L’apprentissage des démarches de santé pour permettre aux adolescents, souvent en situation de fragilité sociale, de savoir identifier leurs besoins et de s’orienter de manière autonome vers les professionnels de santé à leur sortie.
Avec la transition vers les nouvelles unités en septembre, les équipes soignantes disposeront de leviers renforcés pour accompagner ces jeunes vers une réinsertion durable, faisant de la santé un pilier central de leur reconstruction.


