Une exposition fantastique fait son apparition au château d’Angers

04/07/2026
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Fresque fantastique mettant en scène un cavalier et un château. De gauche à droite plus bas, on distingue le casque de la garde royale de Westeros (Game of Thrones), le casque du Roi des Morts, ainsi que celui d’Elendil (Le Seigneur des Anneaux). Crédit Jérôme Pellerin-Moncler

Du 4 juillet 2026 au 3 janvier 2027, les remparts du château d’Angers s’ouvrent à un voyage hors du temps. La forteresse accueille « HeROIc : Du merveilleux médiéval à la Fantasy », une exposition purement angevine. Ce travail minutieux crée un pont fascinant entre l’histoire médiévale et le fantastique, invitant le public à redécouvrir le Moyen Âge sous le prisme de nos fictions contemporaines.

Entre imaginaire et réalité

En ce mois de juillet, Angers prend des airs de destination incontournable pour la culture geek. Dans le sillage de l’exposition printanière consacrée à Tolkien au Muséum des sciences naturelles, c’est au tour du Logis du Roi de s’offrir une fantastique métamorphose pour abriter les trésors d’« HeROIc ».

Ici, de véritables pièces historiques, à l’image du précieux calice de Saint-Rémy issu de l’église de La Poitevinière, ou de la célèbre scène de tournoi extraite du Livre des tournois du Roi René (prêtée par la bibliothèque), entament un dialogue inattendu avec la fiction. Elles côtoient des répliques venues tout droit de la Terre du Milieu ou du monde des sorciers d’Harry Potter.

« Nous avons essayé de prendre des points d’ancrage réels comme Joyeuse, l’épée de Charlemagne, pour expliquer ses similitudes avec d’autres lames légendaires comme Andúril du Seigneur des Anneaux ou Excalibur », décrypte Nicolas, membre du collectif des « Geekstoriens » et docteur en histoire médiévale. À travers ces parallèles, l’exposition démontre la puissance de l’héritage médiéval dans la construction des mondes alternatifs imaginés par les auteurs modernes.

Un imaginaire ancré dans les siècles

Pourtant, cette fascination pour les mythes n’a rien de nouveau. Comme le clarifie Soline, également membre des Geekstoriens et docteure en histoire moderne : « Le médiévalisme existait déjà autrefois à travers les légendes. Louis XIV cherchait par exemple une épée pour incarner sa grandeur et il s’est inspiré de Joyeuse. »

L’évolution de la figure du dragon en est l’illustration parfaite. Pour nos ancêtres du Moyen Âge, la créature était façonnée par l’iconographie chrétienne avec, par exemple, le monstre à sept têtes de l’Apocalypse. Des siècles plus tard, notre regard a été bousculé par la découverte des dinosaures, permettant à la pop culture de réinventer le mythe, du redoutable Smaug de Tolkien aux créatures de la série House of the Dragon, où ils deviennent des personnages à part entière.


Une porte d’entrée vers l’Histoire

Pour Hervé Yannou, l’administrateur du monument, « HeROIc » se veut une aventure grand public : « Presque tout le monde, de 10 à 50 ans, a déjà joué à un jeu vidéo ou regardé une série. C’est une excellente porte d’entrée pour découvrir le Moyen Âge. »

Un avis partagé par Catherine Leroi, cheffe du service du château, qui promet des vitrines adaptées à tous les profils : « Cette exposition s’adresse aussi bien aux spécialistes, avec des objets cultes de la pop culture, qu’aux touristes qui franchissent les portes du château un peu au hasard. »

Une exposition locale et participative

Profondément ancré dans son territoire, l’événement brille par son approche collaborative. Outre l’expertise scientifique des Geekstoriens, le public pourra admirer le travail de Mathis Jouet, qui anime une séquence inspirée de la tenture de l’Apocalypse, ou l’œuvre contemporaine de Floryan Varennes, artiste visuel et historien de formation, nourrie de l’univers sombre du jeu vidéo Dark Souls.

La magie opère aussi grâce à la générosité des passionnés locaux. Parmi les curiosités, on découvre une figurine de dragon prêtée par un collectionneur des Ponts-de-Cé, mais aussi une impressionnante construction Lego sur le thème d’Harry Potter, confiée pour l’occasion par un bambin d’une douzaine d’années.

Un parcours en six salles

Le parcours se déploie comme une véritable épopée à travers six salles thématiques. La première célèbre la noblesse et la royauté, liant casques et épées réelles aux univers du Seigneur des Anneaux et de Zelda.

La seconde pièce explore les figures du chevalier et de la guerrière, avec un hommage vibrant à la légende de Jeanne d’Arc.

Le visiteur s’enfonce ensuite dans une forêt enchanteresse au décor végétal, avant de déboucher sur l’antre de la sorcellerie et des objets mystiques, truffé de clins d’œil à l’univers des sorciers.

La fin du voyage approche avec la spectaculaire salle des dragons et de leur trésor, où repose le Graal. Enfin, la quête s’achève dans l’espace contemporain dédié à la création de Floryan Varennes.

Côté pratique, l’exposition est entièrement gratuite pour les moins de 26 ans. Pour les adultes, le tarif varie de 11 à 14 € selon la date choisie pour la visite.

Aidan Bossard

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