Le maire de Chalonnes-sur-Loire condamné pour détention et diffusion d’images pédopornographiques : la majorité municipale exprime sa « stupeur » et assure la continuité de la commune
Le maire de Chalonnes-sur-Loire, Laurent Froger, a été condamné ce jeudi 17 juillet par le tribunal correctionnel d’Angers à trois ans d’emprisonnement, dont six mois ferme avec mandat de dépôt, pour détention et diffusion d’images pédopornographiques. Quelques heures après cette décision de justice, la majorité municipale a réagi dans un communiqué, faisant part de sa « stupeur » et de sa « consternation » tout en annonçant les premières mesures pour assurer la continuité du fonctionnement de la commune.

Le tribunal a également prononcé un suivi socio-judiciaire de trois ans avec obligation de soins. L’élu de 63 ans est inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et privé de ses droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans, ce qui lui interdit notamment toute activité en lien avec des mineurs durant cette période.
Une enquête partie de la Manche
Selon le procureur de la République d’Angers, Éric Bouillard, les faits reprochés se sont déroulés entre janvier 2024 et l’interpellation du maire, mardi. Les investigations ont révélé que Laurent Froger consultait quotidiennement des contenus pédopornographiques, y compris jusqu’à la veille de son arrestation.
Près de 4 500 images et vidéos ont été découvertes sur ses appareils informatiques. L’enquête trouve son origine dans la Manche, où un homme mis en cause dans une affaire de viol aggravé avait été trouvé en possession de fichiers pédopornographiques échangés via la messagerie Telegram. Les investigations de la section de recherches de Caen ont ensuite permis d’identifier le maire de Chalonnes-sur-Loire parmi les destinataires de ces contenus.
À l’audience, le prévenu a expliqué avoir cherché à entrer en contact avec d’autres hommes avant que, selon ses déclarations, « quelque chose ne déraille ». Il a également affirmé ne pas avoir retiré de jouissance des images consultées.
La majorité municipale découvre la condamnation « par voie de presse »
Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi, la majorité municipale indique avoir appris la condamnation de Laurent Froger « avec stupeur et consternation » par voie de presse.
« Les charges ayant conduit à cette condamnation sont d’une particulière gravité et suscitent une vive émotion au sein de la municipalité, qui tient à exprimer sa condamnation unanime des faits », écrivent les élus.
La majorité réaffirme également « son attachement aux valeurs de protection des enfants, de respect de la dignité humaine et d’exemplarité qui doivent guider l’action publique ».
La première adjointe assure la continuité
Face à cette situation exceptionnelle, la municipalité assure que les services de la commune continueront de fonctionner. Toutefois, l’accueil de la mairie sera exceptionnellement ouvert uniquement sur rendez-vous les vendredi 17 et samedi 18 juillet au matin.
Les élus précisent que « les dispositions prévues par la loi seront mises en œuvre afin de garantir le bon fonctionnement des services municipaux et la poursuite de l’action de la commune, en lien avec la Préfecture ».
Dans l’attente de la mise en œuvre de ces dispositions, c’est la première adjointe, Virginie Cochet, qui assure la continuité de l’exécutif municipal.
Un message de soutien aux agents municipaux
Dans son communiqué, la majorité municipale adresse également un message de soutien aux agents de la commune, qui poursuivent leurs missions auprès de la population malgré le contexte.
Les élus disent également penser « à toutes les personnes que cette situation peut profondément choquer », tout en rappelant leur volonté d’assurer la continuité du service public dans cette commune de près de 7 000 habitants, désormais confrontée à une crise institutionnelle sans précédent.


