
Le groupe Gibert, premier libraire indépendant de France, souhaite céder son magasin de Poitiers dans le cadre d’un plan de transformation destiné à rétablir ses comptes. L’enseigne, en redressement judiciaire depuis avril, prévoit également des suppressions de postes et des fermetures de boutiques selon La Nouvelle République.
Une page pourrait se tourner rue Gambetta
La librairie Gibert de Poitiers est à la recherche d’un repreneur. Le groupe l’a annoncé jeudi 23 juillet 2026, en dévoilant son plan de redressement. L’établissement de la rue Gambetta, véritable institution du centre-ville, fait partie des magasins que l’enseigne souhaite céder, avec ceux d’Évreux et du quai Saint-Michel à Paris.
Présente depuis plusieurs décennies dans l’une des principales rues commerçantes de Poitiers, Gibert est aujourd’hui la dernière grande librairie à avoir résisté aux évolutions du marché local du livre. La rue Gambetta, qui comptait encore trois grandes librairies dans les années 1970, a progressivement perdu ses enseignes historiques.
Un groupe fragilisé par la hausse des coûts
Gibert, qui exploite seize points de vente dans douze villes et emploie 500 salariés, traverse une période difficile. Le plan présenté prévoit la suppression de 84 postes et la fermeture de plusieurs magasins, dont celui de Barbès à Paris.
Lors de son placement en redressement judiciaire, la direction avait évoqué un modèle économique fragilisé par la hausse des coûts fixes, notamment les loyers et l’énergie, et par le recul du marché du livre neuf.
Miser sur l’occasion pour rebondir
Avec un chiffre d’affaires annuel de 86 millions d’euros, le groupe veut désormais accélérer dans le livre d’occasion. Son ambition : doubler la part de ces ventes d’ici 2029 et devenir le leader français du secteur.
À Poitiers, l’enjeu sera de trouver un repreneur capable de préserver une adresse emblématique du commerce culturel local et de maintenir une librairie au cœur de la ville.