
Le projet de construction de la « Ferme éolienne de la Saosnette » vient de subir un important revers administratif dans le nord du département sarthois. Le commissaire enquêteur a officiellement rendu un avis défavorable le lundi 27 juillet 2026 concernant ce dossier d’implantation de mâts sur les communes de Thoiré-sous-Contensor, Les Mées et Saint-Rémy-du-Val, provoquant la satisfaction des opposants locaux.
L’impact visuel et les lacunes environnementales pointés du doigt
À l’issue de l’enquête publique qui s’est déroulée entre le 5 mai et le 5 juin, le rapport du commissaire enquêteur Jean-Luc Fontaine relève de multiples faiblesses dans le dossier présenté par la société Volkswind, filiale du groupe suisse Axpo. Les conclusions administratives dénoncent notamment un risque d’encerclement et d’écrasement visuel des villages environnants, ce projet de quatre éoliennes de 206 mètres de haut venant s’ajouter à huit structures déjà existantes ainsi qu’à un autre parc en projet dans le secteur. L’enquête juge par ailleurs imprécis et insatisfaisants les documents fournis par le promoteur en matière de protection des oiseaux et des chauves-souris.
Une opposition quasi unanime des élus et des riverains
La décision de l’enquêteur s’appuie également sur le rejet massif du projet par la population locale et les représentants de l’État dans le secteur. Le bilan de la consultation met en lumière l’opposition de dix-huit maires et des deux communautés de communes concernées, représentant un total de 277 élus défavorables contre seulement 33 avis favorables. De leur côté, les membres du collectif Stop éoliennes Nord Sarthe saluent une première victoire politique et citoyenne face à un promoteur qui n’a pas souhaité réagir aux sollicitations de la presse.
La décision finale est désormais entre les mains de la préfecture
La procédure administrative ne s’arrête toutefois pas à cet avis défavorable, ce dernier n’étant pas juridiquement contraignant pour la suite du dossier. L’instruction doit maintenant se poursuivre avec la convocation de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. Il reviendra ensuite au préfet de la Sarthe de prononcer l’autorisation ou le refus définitif d’exploiter d’ici le dernier trimestre de l’année, un arbitrage très attendu alors que la cour administrative d’appel de Nantes l’avait contraint en février dernier à réexaminer cette demande d’autorisation environnementale initialement rejetée.