Angers

Entre 2010 et 2020, 3 actifs sur 10 cesseront leur activité dans les Pays de la Loire

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Credit IGN/INSEE

Confrontée au vieillissement de sa population active, la région des Pays de la Loire est face à un défi important pour l’emploi. L’arrivée en fin de vie active des générations du « baby-boom » va concerner tous les métiers, qu’ils soient qualifiés ou non. Selon les projections, trois actifs sur dix partiraient à la retraite entre 2010 et 2020 dans la région, ce qui générerait dès aujourd’hui des enjeux en termes de renouvellement des emplois et d’accompagnement des publics. Des opportunités d’embauche devraient toutefois apparaître, notamment dans l’économie présentielle et pour les métiers liés à la « Silver economy ».

Face à cette situation, le maintien dans l’emploi des séniors et la question de la pénibilité au travail vont prendre une importance croissante. Ces défis ne se posent pas avec la même acuité dans les vingt zones d’emploi des Pays de la Loire.

Au recensement de la population de 2009, les Pays de la Loire comptent 665 000 séniors (personnes âgées de 50 à 64 ans), ce qui représente près de 30 % des résidents de la région en âge de travailler ; en 1999, cette proportion n’était que de 23,5 %. Cet accroissement est la conséquence du vieillissement des générations plus nombreuses nées dans la période après-guerre. En 1996, la première génération de 1946 issue de ce « baby-boom » a en effet atteint l’âge de 50 ans et, depuis, les « baby-boomers » viennent renforcer les effectifs des 50-64 ans.

Un actif en emploi sur quatre est un sénior

Les séniors représentent en moyenne 23 % des actifs en emploi des Pays de la Loire contre 24,8 % au niveau national. Dans la région, 49 % des séniors actifs en emploi sont des femmes, près de 4 points de plus que parmi les actifs âgés de moins de 30 ans. Le développement de l’emploi féminin a en effet été particulièrement important dans certains métiers tertiaires fortement qualifiés (cadres de la fonction publique, enseignants, médecins…). Toutefois, les femmes continuent à représenter plus de 90 % des effectifs des métiers de service faiblement qualifiés : ainsi, les métiers d’employés de maisons, d’aides à domicile, d’aides ménagères et d’assistants maternels sont presque exclusivement féminins. Ces métiers, souvent précaires, affichent une proportion de séniors actifs supérieure de près de 15 points à la moyenne régionale (37 % contre 23 %).

L’emploi des séniors concentré dans les zones d’emploi urbaines

Les grandes zones d’emploi urbaines concentrent l’emploi des séniors (60 % pour l’ensemble des zones de Nantes, Angers, Le Mans et Saint-Nazaire). À elle seule, la zone d’emploi de Nantes rassemble le quart des séniors actifs en emploi de la région. Les séniors représentent plus du quart des actifs en emploi dans les zones plus rurales de La Flèche et Saumur, ainsi que dans la zone d’emploi littorale des Sables-d’Olonne. Dans ces trois zones d’emploi, la proportion de départs en retraite sur la période 2010-2020 est également plus importante que la moyenne régionale (30 %) : cette pro­portion culmine à 33 % dans la zone d’emploi de La Flèche.

À l’opposé, les zones d’emploi d’Ance­nis, des Herbiers et de Sablé-sur-Sarthe affichent des proportions de séniors parmi les actifs en emploi inférieures de 1,5 à 3 points à la moyenne régio­nale (23 %) et des effectifs relativement faibles : ces zones ne regroupent que 4 % des séniors actifs en emploi de la région. La faible part des séniors parmi les actifs en emploi de ces zones peut s’expliquer notamment par une popu­lation globalement plus jeune que la moyenne régionale. Dans ces zones d’emploi, les taux de départ à la retraite sont plus faibles que la moyenne régio­nale.

Philippe GRAY, Delphine LEGENDRE (Insee)

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